Faits divers – Justice

Etudiant éborgné: sept heures de garde à vue pour deux policiers à Rennes

Par Brigitte Hug, France Bleu Armorique mardi 24 janvier 2017 à 17:59

Soutien du Syndicat Alliance aux deux policiers placés en garde à vue
Soutien du Syndicat Alliance aux deux policiers placés en garde à vue © Radio France - Brigite Hug

Deux policiers ont été placés en garde à vue ce mardi à Rennes. Ils ont été entendus par la police des polices, l'IGPN, qui cherche à savoir s'ils sont responsables du tir de flash ball qui a éborgné un étudiant lors d'une manifestation anti-loi travail, en avril dernier à Rennes.

Deux policiers de la Compagnie départementale d'intervention ont entendus, pendant 7 heures ce mardi, par l'IGPN. Ils étaient chargés du maintien de l'ordre lors d'un défilé anti-loi Travail, le 28 avril dernier. Ces deux fonctionnaires étaient alors équipés de lanceur de balles de défense (LBD). La police des polices cherchent à déterminer s'ils sont responsables de la blessure à l'oeil causée à un étudiant morbihannais, présent lors des affrontements. Le parquet de Rennes a ouvert une information judiciaire pour "coups et blessures volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique".

Les deux policiers ont fait leur job et voilà comment ils sont remerciés!

Cette garde à vue passe mal au commissariat de Rennes. Le syndicat Alliance a appelé à un rassemblement de soutien devant l'IGPN. Une cinquantaine de fonctionnaires a attendu une bonne partie de la journée leurs collègues et dénoncé l'injustice qui leur est faite. "Ils ont fait le job et voilà comment ils sont remerciés par les autorités.", s'insurge le secrétaire départemental d'Alliance, Frédéric Gallet.

"Injustice" pour Frédéric Gallet, le représentant du syndicat Alliance

Le bilan des violences policières à Rennes lors des manifestations anti-loi Travail est sans équivoque.

Solidaires 35, de son côté, a appellé à une manifestation contre les violences policières ce mardi midi. "Le bilan des violences lors des manifestations contre la loi Travail à Rennes est sans équivoque: 255 blessés dont 53 hospitalisations.", affirme le porte parole du syndicat. 150 à 200 manifestants se sont rassemblés à quelques centaines de mètres des policiers. Ils se sont retrouvés coincés par les CRS, autorisés seulement à une manifestation statique et se sont dispersés au bout d'une heure.

Serge Bourgin, porte parole de Solidaires: "La quasi-totalité des plaintes a été classée sansuite."