Faits divers – Justice

Manifestation anti-loi travail : six militants alsaciens risquent 2.000 euros d'amende

Par Olivia Cohen, France Bleu Alsace, France Bleu Elsass et France Bleu mardi 17 janvier 2017 à 12:32

Les six militants risquent des amendes de 1.500 à 2.000 euros
Les six militants risquent des amendes de 1.500 à 2.000 euros © Radio France - Olivia Cohen

Ce mardi, devant le tribunal de Strasbourg, 150 manifestants sont venus soutenir leurs six camarades poursuivis pour avoir manifesté contre la loi travail sans autorisation le 19 mai 2016 à Haguenau. Des peines de 1.500 à 2.000 euros d'amende ont été requises, les prévenus seront fixés le 7 mars.

Il y avait plus de monde à l'extérieur du palais de justice de Strasbourg qu'à l'intérieur ce mardi matin : 150 manifestants, tasse de café chaud et drapeau en main gantée, sont venus soutenir six militants syndicaux, des militants jugés pour avoir manifesté contre la loi travail sans l'autorisation de la préfecture et pour avoir bloqué la circulation automobile, le 19 mai 2016, à Haguenau.

Le parquet a requis des peines d'amende de 1.500 à 2.000 euros. Le jugement a été mis en délibéré au 7 mars. Au cours de leurs plaidoiries, les avocats de la défense ont brandi les arguments suivants : le 19 mai 2016 était jour national de manifestation anti-loi travail et les six prévenus n'ont fait que suivre le mouvement, sans en être les organisateurs directs, comme l'a rappelé l'un de leurs avocats, maître Luc Dorr :

Ils n'ont fait que retranscrire à leur niveau la position de leurs organisations syndicales respectives. Dans le cadre d'un appel national, ils n'étaient que de simples outils : aussi volontaires soient-elles, ces personnes mises en cause n'ont pas le pouvoir d'organiser une manifestation nationale, on ne peut donc pas leur faire porter le chapeau pour avoir rassemblé 200 personnes et on ne peut donc pas les condamner.

L'un des prévenus, Michel Poulet, est secrétaire adjoint de l'union départementale Force Ouvrière :

Nous demandons une relaxe, il est inadmissible que nous soyons jugés pour une manifestation que détruit le code du travail et nous continuerons à mener le combat contre cette loi et contre le 49.3 !

Sans compter, précisent les avocats, que les policiers étaient parfaitement au courant du lieu et de l'heure de l'opération, la presse s'en était fait l'écho, des tracts avaient également été distribués. Les forces de l'ordre étaient présentes sur les lieux dès 6h du matin, avant les manifestants, pour assurer le bon déroulement du rassemblement.

Seul manquait cette autorisation préfectorale : un détail, assure la défense, pour eux, une condamnation serait une remise en cause totale du droit à manifester tel que le prescrit la Cour européenne des droits de l'homme.