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Faits divers – Justice DOSSIER : Mouvement des "gilets jaunes"

Manifestations des gilets jaunes à Bordeaux : une vingtaine d'enquêtes pour violences policières sont ouvertes

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Par , France Bleu Gironde

Après Paris, c'est à Bordeaux que les enquêtes ouvertes pour violences policières sont les plus nombreuses.

Une manifestante parle avec les forces de l'ordre lors de l'acte 25 des gilets jaunes à Bordeaux.
Une manifestante parle avec les forces de l'ordre lors de l'acte 25 des gilets jaunes à Bordeaux. © Radio France - Louise Buyens

Bordeaux, France

Rémy Heitz, le procureur de la République de Paris a annoncé que des policiers seront renvoyés au tribunal correctionnel dans le cadre des violences policières lors des manifestations des gilets jaunes. Il l'a annoncé dans une interview accordée ce jeudi à nos confrères du journal Le Parisien.  

En France, 248 enquêtes seraient en cours, dont 174 à Paris. Elles sont réalisées par l'IGPN (Inspection générale de la police nationale) et l'IGGN (Inspection générale de la gendarmerie nationale). 

Bordeaux : la ville de province qui compte le plus d'enquêtes

Bordeaux fait état de 25 procédures, ce qui en fait la ville qui en compte le plus après la capitale. A Toulouse, selon Le Parisien, seulement quatre enquêtes sont en cours, il y en a sept à Lille et Montpellier, six à Nantes et trois à Lyon. 

Régulièrement déclaré comme point de convergence régional, la ville de Bordeaux voit défiler de très nombreux gilets jaunes chaque samedi depuis plus de six mois. Cet afflux de manifestants face au manque d'effectif du côté des forces de l'ordre explique ce nombre d'enquêtes important selon Jérôme Servolle, délégué régional (Nouvelle-Aquitaine) du syndicat UNSA, majoritaire chez les CRS : "Le mouvement des gilets jaunes a permis de mettre en évidence le manque d'effectif récurrent des forces mobiles. Énormément de fonctionnaires de police ont été mobilisés pour faire du maintien de l'ordre, ce n'est pas forcément un contexte de travail habituel pour tout le monde. Le maintien de l'ordre ça s'apprend donc il y a certainement eu une période d'adaptation". 

"Nous souhaitons que la présomption d'innocence soit reconnue pour chaque fonctionnaire de police" - Jérôme Servolle, UNSA police.

Malgré l'ouverture de ces enquêtes, Jérôme Servolle tient à défendre ses collègues : "dire qu'ils vont être traduits en correctionnel, ça laisse entendre qu'ils sont coupables, et d'ajouter nous ne légitimons pas les violences mais nous souhaitons que la présomption d'innocence soit reconnue pour chaque fonctionnaire de police". 

Une bonne nouvelle pour les victimes

Parmi les affaires bordelaises, se trouve celle d'Olivier Béziade. Le samedi 12 janvier 2019, lors de l'acte IX du mouvement des gilets jaunes, le manifestant a été gravement blessé. 

Cet électricien et pompier volontaire de 48 ans vivant à Bazas, au sud de la Gironde, s'était rendu avec sa femme à la manifestation bordelaise. Au bout de la rue Sainte-Catherine, juste avant la place de la Comédie, l'homme a reçu un tir de Flash-Ball à la tête car les forces de l'ordre l'avaient pris pour un casseur. 

Olivier Béziade s'est retrouvé dans le coma pendant quatre jours et cet accident a encore de lourdes conséquences sur sa vie. "Ça fait deux mois que je suis sorti de l'hôpital, je suis sous anti-dépresseurs, la nuit je ne dors plus (...) pour l'instant je ne peux pas travailler, ça met un énorme frein à ma vie", témoigne le quadragénaire.  Mais il se félicite de la décision d'ouvrir des enquêtes : "Enfin, l'Etat reconnaît qu'il y a eu des violences policières. Pour moi c'est énorme".

Témoignage d'Olivier Béziade, un manifestant blessé.

Dans cette affaire, une information judiciaire a été ouverte mais il n'y a pour l'instant aucune mise en examen des forces de l'ordre