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"On manque de prévention" : dans l'Yonne, les lycéens mal informés sur le SIDA

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1 million de morts dans le monde en 2016, 153 000 séropositifs en France, 6000 nouveaux cas par an. Pour la journée mondiale de lutte contre le SIDA, le gouvernement lance une nouvelle campagne de dépistage. Elle vise notamment les jeunes, souvent mal sensibilisés. Illustration dans l'Yonne.

"1 minute pour savoir", le temps nécessaire à une prise de sang de dépistage
"1 minute pour savoir", le temps nécessaire à une prise de sang de dépistage © Maxppp - Aurelien Morissard

Devant le lycée Jacques-Amyot, à Auxerre, quand on demande aux élèves si le SIDA leur fait peur, la réponse fuse : "Non. On n'y pense pas", lancent en choeur Sarah, Lucas, Gaby et Vanda. Pour ces jeunes adultes, à 17 ans, la maladie est un concept lointain.

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"On se protège pour éviter une grossesse, pas le SIDA"

"C'est vrai que nos parents nous disent de nous protéger, de faire attention à nos fréquentations. Mais quand on fait confiance à notre partenaire, c'est vrai que ça peut arriver qu'on "le fasse" sans capote". Si les jeunes se protègent, c'est pour d'autres raisons, expliquent-ils : "On pense surtout à mettre des préservatifs pour ne pas tomber enceinte... Pas pour les risques des maladies."

Pourtant, la parole est bien plus libérée qu'à l'époque de leurs parents. "Mes parents m'ont parlé très tôt de sexualité", affirme Lucas. "Ils sont très au fait des risques, ils ont été militants Act Up pendant des années... Donc le message est passé. Mais c'est pas pour autant que je l'applique." C'est là tout le paradoxe, et le petit groupe le reconnaît bien volontiers.

"On ne nous explique pas les conséquences"

"Je pense que c'est dû à un manque de prévention. On n'a même pas de distributeur de préservatifs au lycée ! Il n'y en a plus ! On doit aller en demander aux infirmières, elles nous connaissent, ça peut être gênant pour certains. Ca devrait être anonyme."

Et les cours d'éducation sexuelle alors ? Pas mieux : "Ouais, c'était juste au collège, déjà", expliquent les filles. "On nous expliquait juste comment mettre un préservatif, etc..." Gaby va plus loin : "En fait, on nous explique qu'il faut se protéger, et c'est bien, on connaît les moyens de contraception. Mais ce n'est pas assez poussé, on ne nous dit pas vraiment les conséquences : ce que ça peut faire, ça peut détruire des vies..."

"On devrait faire venir des gens pour témoigner"

Alors, comment capter l'attention des jeunes ? "On devrait avoir des gens qui viennent, en classe, témoigner", suggère Sarah. "On a eu un cours sur le don d'organes, et un donneur est venu nous expliquer. Tout de suite, on se sent plus concerné, on prend conscience." Une prise de conscience nécessaire car, on le rappelle, s'il existe de nombreux traitements pour combattre la maladie, aucun ne permet de guérir du SIDA.

Si vous souhaitez vous faire dépister, des tests d'auto-dépistage existent. Ils sont vendus 20 à 25 euros en pharmacie et certaines mutuelles les prennent en charge. Depuis leur lancement en 2015, 240 000 unités ont été vendues.

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Pour en savoir + : Sida Info Service

La campagne de prévention 2017 - Gouvernement

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