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Faits divers - Justice

Mantes-la-Jolie : l'IGPN débute les auditions de lycéens interpellés en décembre

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Par , France Bleu Paris, France Bleu

Le 6 décembre 2018, en marge d'une manifestation de lycéens à Mantes-la-Jolie, 152 jeunes avaient été interpellés par la police, après avoir été, pour certains, parqués, genoux à terre et mains derrière la tête. Ce lundi, cinq mois après les faits, plusieurs lycéens sont auditionnés par l'IGPN.

Les lycéens ont été parqués près des Restos du Coeur de Mantes-la-Jolie.
Les lycéens ont été parqués près des Restos du Coeur de Mantes-la-Jolie. © AFP - Céline Agniel

Mantes-la-Jolie, France

Les images avaient fait le tour des réseaux sociaux en très peu de temps. Des lycéens, mains sur la nuque, agenouillés de force par des policiers. C'était le 6 décembre 2018, à Mantes-la-Jolie (Yvelines), en marge d'une manifestation de lycéens qui avait dégénéré. Ce jour-là, 152 jeunes avaient été interpellés, après avoir été parqués par les forces de l'ordre, genoux à terre pendant de longues minutes. Certains disent même avoir été frappés. Cinq mois après les faits, l'IGPN (Inspection générale de la police nationale) commence les premières auditions des lycéens. 

"Pour moi, c'est une bavure policière", Sofiane, un lycéen

Sofiane, lycéen de 16 ans, fait partie des 152 jeunes interpellés ce jour-là. "J'allais au lycée, comme tous les jours, mais quand je suis arrivé, on m'a dit qu'il n'y avait pas cours, se souvient-il. Mais à un moment, ça a dégénéré entre les policiers et des lycéens. Moi, je regardais et il y a eu un moment de foule qui m'a entraîné avec les autres, jusqu'aux Restos du Coeur." Une impasse. Sofiane se retrouve encerclé par les forces de l'ordre qui ordonnent à tout le monde de se mettre à genoux, mains derrière la tête. L'un des policiers filme la scène en s'exclamant : "Voilà une classe qui se tient sage". En revoyant cette vidéo, Sofiane se pince les lèvres de rage. "Au début, on exécute, on ne réfléchit pas trop. Mais avec le recul, c'est clair, pour moi, c'est une bavure policière."

Par la suite, une quarantaine de familles et des associations comme l'UNL ou SOS Racisme portent plainte. L'avocat Arié Alimi, en représente une vingtaine. "Ce que l'on a vu, ça n'est pas une technique d'interpellation. C'est de l'humiliation. Pure et simple. Quelque chose qui ressemble à une posture coloniale."

Un juge d'instruction saisi

À partir de ce lundi, et pendant plusieurs semaines, l'IGPN va auditionner les lycéens. Il était temps pour maître Arié Alimi. "Je regrette que les choses aient traîné. Aujourd'hui, l'IGPN est saisi et on a obtenu le dépaysement de l'affaire au parquet de Nanterre mais c'était loin d'être gagné compte tenu de l'implication de fonctionnaires de police, reconnaît-il. J'attends qu'il y ait une première vérité qui soit donnée par ces lycéens. Ces jeunes n'ont pas donné leur témoignage à la justice. Jamais on est venu les voir pour leur demander ce qu'ils avaient subi. Donc aujourd'hui, c'est leur vérité qui va être transmise à l'IGPN. C'est aussi l'établissement d'infractions. Il y a eu une violation de liberté individuelle puisque ces jeunes ont été parqués pendant de longues minutes. Il y a eu des insultes à caractère raciste qui ont été proférées. Il y a eu des violences aussi, des jeunes menottés sans raison, d'autres victimes de coups de matraques. Et c'est la possibilité pour l'État de prendre en considération leur qualité de victime."

L'avocat vient aussi de saisir un juge d'instruction, dans l'espoir qu'il y ait, un jour, un procès. "Il faut que la justice puisse dire que ce que ces jeunes ont vécu n'est pas normal, malgré la parole des autorités publiques."

"Que l'on reconnaisse que nos enfants ne sont pas  de voyous", Annane, une maman

Annane, elle, attend simplement des excuses. Son fils va faire partie des premiers auditionnés par l'IGPN. "Je veux juste que l'on reconnaisse que nos enfants ne sont pas des voyous. Parce que c'est aussi humiliant pour nous en temps que parents. J'ai pu lire, dans certains commentaires, qu'on était des parents défaillants, c'est très dur." 

Au total, une quinzaine de jeunes vont être auditionnés par l'IGPN. 

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