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Faits divers – Justice

Mantes-la-Jolie : la vidéo de l'arrestation de lycéens, à genoux et mains sur la tête, suscite la polémique

vendredi 7 décembre 2018 à 7:36 - Mis à jour le vendredi 7 décembre 2018 à 12:32 Par Géraldine Houdayer, France Bleu et France Bleu Paris

La vidéo, tournée ce jeudi en marge d'une manifestation de lycéens à Mantes-la-Jolie, fait scandale. On y voit plusieurs dizaines de lycéens agenouillés, mains sur la tête, encadrés par des policiers. Elle a été tournée après des violences contre les forces de l'ordre et des incendies de voitures.

Plusieurs dizaines de lycéens ont été regroupés par les policiers à Mantes-la-Jolie.
Plusieurs dizaines de lycéens ont été regroupés par les policiers à Mantes-la-Jolie. © AFP - Céline AGNIEL

Une vidéo montrant des lycéens agenouillés, mains sur la nuque, après leur interpellation ce jeudi à Mantes-la-Jolie, dans les Yvelines, a été postée sur le compte Twitter de l'Observatoire des violences policières ce jeudi. Les images sont authentiques, a confirmé à franceinfo la préfecture des Yvelines. 

Les jeunes sont entourés par des policiers. Sur cette vidéo, une personne lance "Voilà une classe qui se tient sage".

L'Agence France Presse a également posté sur son compte Twitter une vidéo montrant une voiture en train de brûler aux abords du lycée Saint-Exupéry, puis des élèves prenant la fuite. On voit ensuite des lycéens assis, entourés de policiers.

Des images "dures et inhabituelles", reconnaît la préfecture 

"Ces images sont indubitablement dures et inhabituelles", reconnaît Thierry Laurent, directeur de cabinet du préfet des Yvelines. "Il faut pour autant les mettre en rapport avec les violences qui ont été commises à Mantes-la-Jolie par ces individus depuis trois jours", poursuit-il. "Il n'y a pas eu de volonté d'humiliation", assure Thierry Laurent. Jeudi, 151 personnes ont été interpellées par 70 policiers devant un lycée de Mantes-la-Jolie pour "participation à un attroupement armé", après des affrontements avec la police et l'incendie de deux voitures.

Il faut bien trouver le moyen de s'assurer qu'ils ne peuvent pas s'enfuir " - Le directeur de cabinet du préfet 

Le directeur de cabinet du préfet considère qu'il n'y a "pas disproportion dans l'usage de la force", et qu'"il faut bien trouver le moyen de s'assurer qu'ils ne peuvent pas s'enfuir dans l'attente de leur transfert vers les commissariats de l'ensemble du département qui ont été mobilisés à cette occasion"."C'est assurément une interpellation assez exceptionnelle par son ampleur et par le faible nombre, toutes proportions gardées, des fonctionnaires de police qu'elle a mobilisés", ajoute Thierry Laurent.

"On voit l'image de ces jeunes immobiles. On n'entend pas de cris. Il n'y a pas eu de blessés pendant ces interpellations", souligne-t-il, en insistant sur le "professionnalisme" des fonctionnaires de police.

La plus jeune des personnes arrêtées jeudi à Mantes-la-Jolie est née en 2006, la plus âgée en 1998. Les mineurs de moins de 16 ans ont été remis en liberté jeudi soir, les autres personnes interpellées devaient passer la nuit en garde à vue.

Des bouteilles de gaz jetées sur des barricades en feu et des pavillons saccagés, affirme le ministre de l'Intérieur 

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a défendu, ce vendredi, les interpellations face à de "véritables violences urbaines". Les images "sont dures (...) mais je crois qu'il faut les replacer dans un contexte", a-t-il déclaré, assurant notamment que des dizaines de bouteilles de gaz avaient été jetées "robinet ouvert sur des barricades enflammées" juste avant ces interpellations. Il a expliqué que les lycéens ont été rejoints par "une centaine d'individus encagoulés et armés de bâtons et d'engins incendiaires avec la ferme intention d'en découdre avec les forces de l'ordre". Ils se sont livrés à des actes "totalement irresponsables", agressant des habitants, jetant des projectiles sur des automobilistes et saccageant des pavillons, a énuméré le ministre.

Il a précisé que 145 de ces gardes à vue avaient été prolongées, illustrant la "gravité de ce qu'il s'est passé" tout en se félicitant qu'aucun jeune n'ait été blessé lors de cette interpellation de masse qui a créé la polémique.

Des réactions indignées 

Le principal syndicat des enseignants du second degré "extrêmement choqué"

"Nous sommes extrêmement choqués par ces images qui sont insupportables, indignes de notre démocratie", a réagi Benoît Teste, le secrétaire général adjoint du SNES-FSU sur franceinfo. "Non seulement ce n'est pas acceptable, mais en plus on s'interroge sur la chaîne de commandement", a soulevé le représentant du Syndicat national des enseignements de second degré. "Il faut faire la lumière sur ces événements. Nous ne savons pas pourquoi les forces de l'ordre ont agi ainsi", a-t-il ajouté.

Le ministre de l'Éducation "évidemment choqué" 

"Quand j’ai vu ces images moi-même, j’ai évidemment été choqué", a réagi vendredi sur France Inter Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’Education nationale. "L’image est forcément choquante", a-t-il aussi déclaré, ajoutant qu'"il y a eu des images choquantes car on est dans un climat de violence exceptionnelle". Le ministre a appelé à "remettre les images dans leur contexte". Pour Jean-Michel Blanquer, "il faut faire très attention aux images découpées, il faut savoir ce qu'il s'est passé".

Les réactions politiques

Plusieurs personnalités politiques ont fait part de leur indignation suite à la diffusion de ces images. "C’est où ? À Mantes-la-Jolie, en France sous Macron. On attend la réaction de Christophe Castaner pour prendre aussi des mesures face à cette violence inacceptable et humiliante", a réagi le député La France insoumise de Seine-Saint-Denis Eric Coquerel.

"Ces images nous insultent. Rien ne justifie que l’on humilie ainsi nos enfants. Halte au feux, Monsieur le Président. Au nom de nos valeurs, de ce qui fonde ce que nous sommes, de notre République, au nom de ce dont vous êtes censé être le garant, halte au feux", écrit David Cormand, le secrétaire national d'Europe Ecologie les Verts sur Twitter.

"Quels que soient les faits reprochés, rien ne justifie cette humiliation de mineurs filmée et commentée", a réagi Olivier Faure le premier secrétaire du Parti socialiste.

L'ancien ministre de l'Education Benoit Hamon commente : "Glaçant, inadmissible. Cela n’est pas la République. La jeunesse Française humiliée. Mais que cherche le pouvoir sinon la colère en retour ?"