Faits divers – Justice

Manuela Gonzalez, la "veuve noire de l'Isère", condamnée à 30 ans de réclusion

Par Justine Dincher et Denis Souilla, France Bleu Isère vendredi 18 avril 2014 à 21:57

L'avocat général avait demandé 25 ans de réclusion à l'encontre de Manuela Gonzalez.
L'avocat général avait demandé 25 ans de réclusion à l'encontre de Manuela Gonzalez. © Maxppp

Manuela Gonzalez a été condamnée vendredi à 30 ans de réclusion par la Cour d'assises de l'Isère à Grenoble. Cette femme de 53 ans, surnommée "la veuve noire de l'Isère", était accusée d'avoir tué son dernier mari. Avant lui, quatre autres de ses compagnons avaient subi des intoxications, dont deux avaient péri de mort violente. L'accusée a décidé de faire appel.

Une peine au-delà des réquisitions

Manuela Gonzalez a été condamnée vendredi à 30 ans de réclusion criminelle par la Cour d'assises de l'Isère à Grenoble. Cette femme de 53 ans, surnommée "la veuve noire de l'Isère", était accusée d'avoir tué son dernier mari, Daniel Cano. Depuis les années 1980, avant ce dernier, quatre autres des compagnons de l'accusée avaient subi des intoxications, dont deux avaient péri de mort violente. Les jurés sont allés au-delà des réquisitions de l'avocat général qui avait demandé une peine de 25 ans de réclusion pour la tentative d'assassinat et l'assassinat de son dernier époux. Il avait précisé que malgré l'absence de "preuves évidentes" , il existait "un faisceau d'éléments, un enchaînement de faits, de constatations, qui permettaient de demander une décision de culpabilité" .

Veuve Noire / PAF

Une femme sans réaction à l'énoncé du verdict

Tête relevée, visage fermé, impassible, Manuela Gonzalez n'a rien laissé paraître lorsqu'elle a appris qu'elle était condamnée à 30 ans de réclusion criminelle. À l'annonce du verdict, le fils de la victime, Nicolas Cano, a fondu en larmes dans la salle d'audience. Cette décision, cette famille l'attendait depuis six ans, date de la disparition de Daniel, retrouvé calciné dans son véhicule, un matin d'automne 2008. D'après l'avocat de la défense, "c'est le passé de Manuela Gonzalez qui a été pesé dans la balance" . Quatre de ses ex-compagnons ont été intoxiqués, deux en sont morts, mais ces faits sont aujourd'hui prescrits.

manuela gonzalez/ PIF gallo

Un homme retrouvé calciné

Le corps de Daniel Cano, chaudronnier de 58 ans, avait été trouvé le 31 octobre 2008 à l'arrière de son véhicule incendié, non loin de leur maison de Villard-Bonnot (Isère), dans la vallée du Grésivaudan. Rapidement l'enquête avait conclu à un incendie volontaire. Les analyses toxicologiques avaient révélé la présence de trois somnifères différents dans le sang de la victime. Avant lui, quatre autres compagnons de l'accusée depuis les années 1980 avaient subi des intoxications, dont deux avaient péri de mort violente. Et un mois avant le drame, Daniel Cano avait déjà failli mourir dans un incendie survenu dans la chambre conjugale. La faute à une bougie que le chien de la maison aurait fait tomber, selon l'accusée.

Manuela Gonzalez fait appel

L'avocat de Manuela Gonzalez, Me Ronald Gallo, qui avait plaidé l'acquittement, a annoncé son intention de faire appel de la décision pénale et civile "compte-tenu de la sévérité de la peine. Je ne suis pas surpris par l'ampleur du verdict. Les jurés ont été pris en otages par la pression exercée sur ce dossier par les uns et les autres" , a-t-il déclaré au cinquièlme et dernier jour du procès au Palais de Justice de Grenoble.

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