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Mariage clandestin dans l'Orne : 2.000 euros d'amende avec sursis requis contre le propriétaire de la salle

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Par , France Bleu Normandie (Calvados - Orne)

Le propriétaire de la salle qui avait accueilli un mariage dans l'Orne en décembre 2020 a été jugé ce mardi à Argentan. Acculé financièrement, il dit n'avoir pas eu d'autre choix mais le regrette amèrement. Le procureur a requis 2000 euros d'amende avec sursis pour mise en danger d'autrui.

Alexandre Lajzerowicz (avec son avocate) se retrouve devant le tribunal pour avoir loué sa salle illégalement. Le mariage clandestin avait rassemblé 150 personnes.
Alexandre Lajzerowicz (avec son avocate) se retrouve devant le tribunal pour avoir loué sa salle illégalement. Le mariage clandestin avait rassemblé 150 personnes. © Radio France - Nolwenn Le Jeune

C'est la première fois que cet homme de 50 ans se retrouve devant la justice. Ce père de famille a acheté le domaine de l'Orangerie du Bois à Avernes-saint-Gourgon (Orne) il y a neuf ans, et accueille dans un écrin de verdure magnifique une quinzaine de mariages par an. Au premier confinement, tout s'arrête mais il s'en sort avec les aides. L'activité reprend poussivement durant l'été. Il accueille encore trois mariages de septembre à octobre. Puis arrive le deuxième confinement et c'est la catastrophe. "Je ne recevais pas les aides, la banque a refusé de geler mes crédits, je n'avais plus d'argent, même pas de quoi nourrir mes enfants"

"Les organisateurs m'avaient promis qu'ils respecteraient les gestes barrière"

Alors il accepte de louer sa salle à des gens du voyage. "Ce sont eux qui me l'ont proposé, j'ai hésité jusqu'au bout, je savais que c'était illégal, mais quel autre choix avais-je ?" La transaction se fait dans l'urgence, le contrat est signé le soir du mariage. "Je n'ai loué que la salle, précise-t-il, il n'y avait ni restauration, ni animation". La salle fait 450 mètres carrés. "Il devait y avoir entre 80 et 100 personnes et les organisateurs m'avaient promis que les gestes barrières seraient respectés". 

"Pourquoi se retrouve-t-il tout seul à la barre ?" demande son avocate

Mais le soir du mariage, le 15 décembre 2020, les invités sont 150 et tombent le masque allègrement. Alertés, les gendarmes verbalisent à l'extérieur les retardataires qui arrivent après le couvre feu, 26 au total. Mais décident de ne pas intervenir à l'intérieur pour ne pas créer un trouble à l'ordre public. Le lendemain, le propriétaire est placé en garde à vue. Son avocate s'en étonne. Maître Océane Dufoix ne veut pas qu'il soit le seul à porter le chapeau. "Il a juste loué la salle, pas organisé la fête. Pourquoi n'a-t-on pas cherché les organisateurs ?" s'étonne-t-elle. 

"Il a pris des risques" estime le procureur

"Il ne s'agit pas de le clouer au pilori, rectifie le procureur Sébastien Chesneau, mais de faire un rappel pédagogique. Il a pris des risques en louant la salle : que le virus se propage, que des gens tombent malades, et qu'ils en meurent". Il requiert 2000 euros d'amende avec sursis pour mise en danger d'autrui. Et 350 euros pour avoir ouvert illégalement son établissement. 

L'avocate de la défense ne conteste pas l'amende de 350 euros, son client reconnaissant les faits sans difficulté. Mais elle demande une suspension de la peine ou du sursis, compte tenu de sa situation financière toujours précaire. En revanche, maître Océane Dufoix estime que le délit de mise en danger d'autrui n'est pas constitué, "car il faut que le risque de mort soit immédiat et ce n'est pas le cas". Elle plaide la relaxe. 

Aucune visibilité sur l'avenir

Le tribunal rendra sa décision le 18 mai prochain. En attendant, le prévenu regrette son erreur. Aujourd'hui, il reçoit des aides qui lui permettent de "survivre". Mais il ne cache pas son inquiétude sur l'avenir. "Je n'ai aucune visibilité, or un mariage se prépare un an à l'avance, et si mi-mai il n'y a pas d'annonces gouvernementales, les gens vont annuler, je pourrais peut-être rouvrir mais je ne serai pas éligible aux aides". Il a mis son domaine en vente. 

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