Faits divers – Justice

Marie de Saint Jean de Luz ignorait qu'elle faisait l'objet de deux mandats d'arrêt européens émis par l'Espagne

Par Daniel Corsand, France Bleu Béarn et France Bleu Pays Basque mardi 18 octobre 2016 à 15:20

Marie au palais de justice de Pau avec son avocat Maitre Antoine Terneyre
Marie au palais de justice de Pau avec son avocat Maitre Antoine Terneyre © Radio France - Daniel Corsand

La cour d'appel de Pau a examiné le cas de Marie. Elle vit à saint Jean de Luz. Elle a été condamné il y a 3 et 4 ans à deux conduites en état d'ivresse à Irun. C'est en prenant l'avion qu'elle a découvert qu'elle était recherchée par l'Espagne pour purger près de 3 ans fermes.

La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Pau a examiné une situation peu banale. Marie, 54 ans, vit à Saint Jean de Luz. Elle fait l'objet de deux mandats d’arrêt européens émis par la justice espagnole, pour deux conduites en état d'ivresse à Irun, qui remontent à 2 et 3 ans. Mais elle ignorait totalement qu'elle était recherchée depuis 5 mois. Elle l'a appris il y a 6 jours quand elle a voulu prendre l'avion pour Londres avec sa fille à l'aéroport de Biarritz. C'est au moment d'embarquer que Marie a découvert sa situation pénale. Depuis juin dernier elle fait l'objet de deux mandats d’arrêt européens pour l’exécution de deux condamnations de 2012 et 2013 en Espagne.

Près de 3 ans fermes au dessus de la tête

Elle a été condamnée dans deux affaires de conduite en état d'ivresse. La première fois en 2012, elle faisait le plein à Irun après un anniversaire trop arrosé. C'est le pompiste qui a prévenu la police. Après dégrisement, elle a été condamné à 16 mois de prison avec sursis. En 2013, elle crève juste après la frontière après un baptême cette fois. Une patrouille passe et même procédure. Mais cette fois le juge espagnol la condamne très lourdement : 6 mois fermes, 330 jours fermes plus le sursis de 2012 qui se transforme en ferme. Cela fait près de 3 ans en tout.

Elle rentre en France, sans avoir trop compris les enjeux. Elle reprend sa vie de mère de famille. Elle ne change pas de domicile. Elle a deux filles étudiantes. Elle s'occupe aussi de sa mère malade. Marie n'a jamais eu de nouvelles de la justice espagnole quant à l'exécution de cette peine. Jusqu'à jeudi dernier à l'aéroport de Biarritz. Elle a été arrêtée, et remise en liberté sous contrôle judiciaire. En attendant que la justice se prononce sur ces mandats d’arrêt européens.

Un juge embarrassé

Ce mardi matin le parquet général s'est dit favorable à ce que Marie soit remise à la juridiction espagnole. En effet rien ne semble résister à la demande des autorités espagnoles. Le président à l'audience est plutôt bienveillant envers Marie. Lui demande si elle souffre de pathologies psychiatriques ou psychologiques qui pourraient motiver une décision de "non remise". Mais Marie répond que non. Elle va très bien. Elle n'est pas alcoolique même s'il lui arrive de faire la fête, comme les deux fois où elle a été contrôlée à Irun. La chambre de l'instruction de Pau rendra sa décision le 2 novembre.

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