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Faits divers – Justice

Marie Humbert, maman de Vincent Humbert, est décédée

dimanche 5 août 2018 à 12:57 - Mis à jour le dimanche 5 août 2018 à 20:47 Par Lucas Valdenaire et Esteban Pinel, France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure), France Bleu Nord et France Bleu

Elle était une figure de la lutte pour la légalisation de l'euthanasie. Marie Humbert est décédée à l'âge de 63 ans dans la nuit de samedi à dimanche. En 2003, elle avait aidé son fils Vincent à mourir à l'hôpital de Berck-sur-Mer, suite à un grave accident de la route.

En septembre 2003, Marie Humbert avait aidé son fils Vincent à mourir à l'hôpital de Berck (Pas-de-Calais)
En septembre 2003, Marie Humbert avait aidé son fils Vincent à mourir à l'hôpital de Berck (Pas-de-Calais) © Maxppp - Christophe Morin

Berck, France

"C'était une mère courage et une femme aimante," réagit ce dimanche la députée du Pas-de-Calais Brigitte Bourguignon, une amie proche de Marie Humbert. La mère de Vincent Humbert est décédée dans la nuit de samedi à dimanche des suites d'une maladie pulmonaire, dans une clinique d'Évreux (Eure). Elle était hospitalisée à Berck-sur-Mer avant de rejoindre un service de soins palliatifs dans le département de l'Eure. Depuis l'accident de son fils il y a 18 ans, cette mère de famille incarnait la lutte pour le droit à mourir dans la dignité. 

Vincent Humbert avait été hospitalisé en septembre 2000 au CHU Charles Nicolle de Rouen avant d'intégrer le centre Hélio-Marin de Berck-sur-Mer. Au volant de sa voiture, il venait de percuter une camionnette et le jeune homme de 19 ans, oroginaire de Francheville dans l'Eure, s'était retrouvé dans le coma. Six mois plus tard, Vincent Humbert se réveille tétraplégique, aveugle et muet. Il demande alors à sa mère de l'aider à mourir. 

Trois ans après l'accident, Marie Humbert passe à l'acte et administre une importante dose de barbituriques. Intégré au service de réanimation de l'hôpital de Berck, le docteur Frédéric Chaussoy prend alors la décision d'abréger ses souffrances. Vincent Humbert meurt le 26 septembre 2003.

Le médecin-chef et la maman sont mis en examen respectivement pour "empoisonnement avec préméditation" et "administration de substance toxique". Après deux ans et demi de procédure judiciaire, un non-lieu général est prononcé mais le débat sur la fin de vie est déjà largement relancé. Marie Humbert poursuit alors son combat qui débouchera finalement sur la Loi Leonetti de 2005. Cette loi ne légalise pas l'euthanasie mais garantit la lutte contre l'acharnement thérapeutique et pour la dispense de soins palliatifs. 

Marie Humbert était une femme "poignante qui a tout sacrifié au moment de l'accident de son fils pour être auprès de lui," déclare ce dimanche son amie, la députée Brigitte Bourguignon. 

"Elle a porté ce combat pour une fin de vie digne très haut en France à cette époque-là. D'une manière plus humaine, et plus citoyenne."

Auteur du livre posthume de Vincent Humbert "Je vous demande le droit de mourir", sorti en 2003 et publié à plus de 300 000 exemplaires, le journaliste Frédéric Veille, proche de Marie Humbert, a salué la "force de persuasion", de la mère de famille, "qui n'a jamais cessé de porter son combat"

Il dit également que Marie Humbert "a beaucoup souffert de la récupération politique qui a été faite de sa lutte pour l'euthanasie".

Elle était meurtrie par les promesses non-tenues que certains politiques lui ont faites. Elle était la figure d'un combat. Beaucoup de gens de gens se sont rapprochés d'elle. Sauf que sur la fin de sa vie, elle était seule, touchait le RSA et il y n'y avait plus grand monde pour lui tendre la main quand elle criait au secours."

Marie Humbert militait ouvertement pour l'euthanasie, ce que ne prévoit pas la Loi française aujourd'hui.

"Marie Humbert voulait aller beaucoup plus loin" - Frédéric Veille, un proche.