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Faits divers – Justice

Maud Caretta, éborgnée par une grenade de police : "J'attends une reconnaissance"

lundi 8 octobre 2018 à 9:02 Par Nicolas Joly, France Bleu Isère

Le 16 mai 2007 Maud Caretta était privée d'un oeil à cause d'une grenade tirée par des policiers. Onze ans plus tard, les responsables présumés vont être présentés au tribunal correctionnel de Lyon. Pour la victime c'est l'aboutissement d'un long combat judiciaire.

Maud Caretta a perdu son oeil gauche il y a 11 ans, après avoir été frappée par un éclat de grenade de police
Maud Caretta a perdu son oeil gauche il y a 11 ans, après avoir été frappée par un éclat de grenade de police © Radio France - Nicolas Joly

Grenoble, France

Le 16 mai 2007 Maud Caretta, 23 ans, étudiante en quatrième année de médecine, rentre chez elle. Accompagnée d'une amie, elles passent à côté d'une manifestation qui a lieu sur la place Grenette, dans le centre-ville de Grenoble. Il s'agit d'une protestation contre l'élection de Nicolas Sarkozy à la tête de l'État, qui a eu lieu quelques jours plus tôt. 

Les deux jeunes femmes ne s'attardent pas et poursuivent jusqu'à un arrêt de tramway, lorsqu'une explosion retentit. Maud vient d'être frappée à la tête par un éclat de grenade. Le projectile, tiré par des policiers pour disperser la foule, vient de lui fracturer le visage et lui fait perdre définitivement la vision de son oeil gauche.

Quatre policiers seront jugés par le tribunal correctionnel 11 ans après le début de l'affaire - Radio France
Quatre policiers seront jugés par le tribunal correctionnel 11 ans après le début de l'affaire © Radio France - Nicolas Joly

Un long combat judiciaire

En décembre 2008, trois policiers sont mis en examen pour “coups et blessures involontaires ayant entraîné une incapacité totale de travail de plus de trois mois par manquement délibéré d’une obligation de sécurité ou de prudence”. Un non-lieu est ensuite prononcé car le tireur ne peut être identifié. Le commissaire chargé de la brigade est renvoyé devant le tribunal correctionnel en 2013, à la fin de l'instruction.

Maud Caretta et son avocat usent de tous les recours possible pendant les années suivantes.  Il faut attendre décembre 2017 pour que la Chambre d'Instruction de la Cour d'Appel de Lyon décide que les policiers peuvent être jugés sous le régime de la "co-action". Plus besoin d'identifier le tireur car la responsabilité de l'acte est partagée entre les hommes.  C'est donc le tribunal correctionnel de Lyon qui va devoir trancher cette affaire le 8 octobre.

Pour Maud Caretta, accompagnée de son avocat Maître Hervé Gerbi, c'est la fin d'un long combat judiciaire - Radio France
Pour Maud Caretta, accompagnée de son avocat Maître Hervé Gerbi, c'est la fin d'un long combat judiciaire © Radio France - Nicolas Joly

Une vie à reconstruire

Cet éclat de grenade a bouleversé la vie de Maud Caretta. "Ce sont des conséquences lourdes", explique-t-elle "À ce moment-là, tout bascule. Je suis en quatrième année de médecine, je vais en cours, je vais en stage et d'un seul coup on arrête tout. On pense d'abord aux soins et après on verra." Elle reprend tout de même ses études, rattrape les cours et les partiels manqués pour finalement devenir docteur en psychiatrie.

La jeune femme doit subir une diziane d'opérations pour reconstruire son visage. Elle perd l'odorat et le goût ainsi que la vision de son oeil gauche. "Ce n'est pas rien, il y a des conséquences sur le plan esthétique donc forcément, tous les matins quand je me regarde dans la glace je ne peux pas oublier ce qui s'est passé", confie-t-elle.