Faits divers – Justice

Maurice Agnelet, jugé pour la troisième fois pour le meurtre d'Agnès Le Roux

Par Thibaut Lehut, France Bleu lundi 17 mars 2014 à 11:39 Mis à jour le lundi 17 mars 2014 à 11:42

Maurice Agnelet, jugé pour la troisième fois pour le meurtre d'Agnès Le Roux
Maurice Agnelet, jugé pour la troisième fois pour le meurtre d'Agnès Le Roux © Maxppp

Acquitté en première instance puis condamné en appel, Maurice Agnelet comparaît à partir de ce lundi devant la Cour d'assises de Rennes. Il est accusé d'avoir tué sa maîtresse, Agnès Le Roux, il y a 37 ans.

A compter de ce lundi, Maurice Agnelet est donc jugé pour la troisième fois, devant les assises de Rennes, dans l'une des affaires judiciaires les plus énigmatiques de ces 40 dernières années. Cet ancien avocat est accusé d'avoir tué sa maîtresse Agnès Le Roux, héritière d'un casino à Nice, en 1977.

450.000 euros détournés

Le 30 octobre de cette année, la jeune femme (29 ans) s'enfonce dans l'arrière-pays niçois au volant de son 4x4. Elle ne réapparaîtra jamais, tout comme son véhicule. Sa disparition intervient quatre mois après un différend autour de la gestion du casino familial. En conflit avec sa mère, Agnès Le Roux avait en effet décidé de vendre ses parts à l'un des concurrents de la famille, Jean-Dominique Fratoni. Avec pour intermédiaire Maurice Agnelet, l'amant d'Agnès Le Roux.A la clé, plus de 450.000 euros (3 millions de francs à l'époque), une somme versée sur un compte au nom des deux amants. Une fois Angès disparue, l'argent sera ensuite retrouvé sur un autre compte au seul nom d'Agnelet, détournement pour lequel il a été condamné. Après une enquête de six ans, Maurice Agnelet est également inculpé pour homicide involontaire. Mais en 1985, il bénéficie d'un non-lieu, confirmé en appel.

Quatre semaines de procès

En 1999, une autre de ses maîtresses retire cependant son témoignage. Or c'est elle qui avait fourni à Agnelet un alibi pour la nuit où Agnès Le Roux a disparu. Le dossier est donc rouvert, avec procès à la clé. Maurice Agnelet est d'abord acquitté en 2006, puis condamné un an plus tard en appel à 20 ans de prison. Son pourvoi en cassation est rejeté, signifiant ainsi la fin de l'affaire. Mais la Cour européenne des droits de l'homme a estimé qu'il n'avait pas bénéficié d'un jugement équitable. D'où ce troisième procès, censé durer quatre semaines.