Faits divers – Justice

Mayenne : le directeur du service des sports venait voler du carburant la nuit

Par Claudia Calmel, France Bleu Mayenne vendredi 30 septembre 2016 à 17:01

La salle d'audience pénale du palais de justice de Laval
La salle d'audience pénale du palais de justice de Laval © Radio France - Claudia Calmel

Drôle d'affaire ce vendredi devant le tribunal correctionnel de Laval. Cet homme de 41 ans était jugé pour le vol de 1150 euros de carburant à la station service des ateliers municipaux. Il a toujours nié les faits. Les gendarmes ont réussi à le confondre, notamment grâce à son téléphone portable.

Les faits remontent à l’été 2015. Quelque chose cloche à la station-service des ateliers municipaux. La mairie soupçonne des vols de carburants mais impossible de savoir d'où vient le problème. Quelques mois plus tard, un agent de la ville pousse la porte de la gendarmerie.

Il affirme avoir vu le directeur du service des sports remplir un bidon d'essence à la station des ateliers. Les gendarmes décident donc de s'intéresser d'un peu plus près au fameux directeur… et surtout à son téléphone portable.

Un portable qui borne à des horaires… atypiques.

Les gendarmes découvrent que durant l'été, le téléphone a déclenché plusieurs bornes à Mayenne près des ateliers municipaux. Mais à des heures assez inhabituelles : minuit, 1 heure du matin... alors que le prévenu habite à Martigné-sur-Mayenne.

Il y a aussi ces deux pleins d’essence faits à trois jours d'intervalle pour, dit-il, aller visiter des installations sportives dans la Sarthe. Sauf que le téléphone portable du prévenu n'a pas jamais été localisé dans la Sarthe à ce moment-là.

« C’était un excellent agent ! »

Le prévenu peine à se justifier. Michel Angot, le maire de Mayenne, qui s’est constitué partie civile est appelé à la barre :

C’était un excellent agent. On n'aurait jamais imaginé que ça pouvait être lui. C’est une triste affaire. Ça a pourri le climat dans les services. C’est vraiment triste.

Le procureur prend la parole et ne rate pas le prévenu : « Vous faites partie de la fonction publique territoriale, vous vous deviez d'être irréprochable. »

Il demande 6 mois de prison avec sursis mais surtout 2 ans d'interdiction d'exercer dans la fonction publique. Le tribunal ne suivra pas ces réquisitions, au grand soulagement du prévenu qui s'occupe désormais des piscines d'une commune aux confins de la Mayenne, de l’Ille-et-Vilaine et de la Loire-Atlantique. Il sera finalement été condamné à 4 mois de prison avec sursis et à rembourser un peu plus de 310 euros.