Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Faits divers – Justice

Menacé d'expulsion, il demande à rester à Orléans près de son fils atteint de surdité

lundi 9 avril 2018 à 17:01 Par Patricia Pourrez, France Bleu Orléans et France Bleu

Raymond Zeh est le papa d'un enfant de 11 ans suivi par l'Institut Régional des Sourds, à Orléans. Il a quitté le Cameroun en 2014 pour être auprès de son fils. Mais aujourd'hui, la Préfecture du Loiret ne souhaite pas renouveler son titre de séjour.

Raymond et son fils devant le tribunal Administratif d'Orléans
Raymond et son fils devant le tribunal Administratif d'Orléans © Radio France - Patricia Pourrez

Orléans, France

Il y avait du monde, ce lundi matin, dans la petite salle du Tribunal Administratif d'Orléans pour soutenir Raymond Zeh. Ce papa camerounais est menacé d'expulsion par la Préfecture du Loiret alors que lui veut rester en France pour accompagner son fils atteint d'une surdité profonde. 

"Je ne veux pas m'installer en France, juste aider mon fils"

Le fils de Raymond Zeh, Raymond Junior, est né prématuré avec une surdité profonde. En 2011, un médecin de Yaoundé, la capitale du Cameroun, conseille à ses parents de l'envoyer en France qu'il soit opéré et appareillé avec un implant cochléaire. Comme cette technique n'existe pas en Cameroun, le petit a dû rester ici pour être suivi. Dans un premier temps, une tante installée en France l'a pris en charge. Finalement, en 2014, son père est venu le rejoindre. Raymond Zeh a quitté sa femme, le reste de la famille et son travail de commerçant pour s'installer à Orléans où le jeune Raymond venait d'intégrer l'Institut Régional des Sourds.  "On a réfléchi avec ma femme et je me suis sacrifié pour que Junior continue les soins qu'il avait entamés en France. Mais, mon but ce n'est pas de m'installer en France. Quand il ira mieux, quand un jour il parlera et je l'espère de tout mon coeur, on repartira au Cameroun avec la famille" explique Raymond Zeh.

Plus d'urgence médicale, selon la préfecture 

Pour Raymond Zeh, tout s'est emballé à la fin de l'année dernière, quand la Préfecture du Loiret a refusé de renouveler son autorisation temporaire de séjour puis a délivré une OQTF, une obligation à quitter le Territoire Français. Elle estime qu'il n'y a plus d'urgence médicale pour l'enfant et qu'aujourd'hui, Raymond Junior pourrait être suivi au Cameroun.  " Je me suis renseigné " dit Raymond Zeh, "On a fait beaucoup de progrès au Cameroun pour aider les enfants sourds comme le mien. Mais, il n'aura jamais un suivi comme celui qu'il a aujourd'hui sachant qu'il souffre aussi de troubles moteurs et neurologiques".  Sur ce point là, le papa est soutenu par les éducateurs et thérapeutes de l'Institut Régional des Sourds. " Il commence à peine à comprendre les mots du quotidien et à faire des gestes pour nous interpeller" raconte Emmanuelle Bueb, salariée à l'Institut Régional des Sourds.  "Si tout s'arrête maintenant pour lui, ce sera un gâchis."

D'ici quelques jours, le Tribunal Administratif d'Orléans se prononcera sur l'abrogation ou pas de l'OQTF. Mais une autre audience , sur le fond du dossier , est d'ores et déjà prévue pour la mi-mai. D'ici là, les salariés de l'Institut Régional des sourds et le collectif RESF 45 comptent bien se mobiliser pour Raymond et son fils. 

Le reportage de France Bleu Orléans signé Patricia Pourrez 

L'histoire de Raymond Zeh et son fils devant le Tribunal Administratif d'Orléans