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Faits divers – Justice

Mère de famille éborgnée à Villemomble : les trois policiers acquittés

mercredi 4 juillet 2018 à 19:17 - Mis à jour le mercredi 4 juillet 2018 à 20:28 Par Rémi Brancato, France Bleu Paris

Trois policiers ont été acquittés ce mercredi par la cour d'assises de Seine-Saint-Denis. Ils étaient accusés de violences volontaires dans une cité de Villemomble en 2013. Une mère de famille avait perdu un œil. L'un de ses deux fils, également accusés, a été condamné, l'autre acquitté.

Frédéric Gabet, avocat de deux des policiers acquittés
Frédéric Gabet, avocat de deux des policiers acquittés © Radio France - Rémi Brancato

Bobigny, France

Trois policiers acquittés aux assises ce mercredi. Les trois agents de la BAC étaient jugés pour des violences volontaires sur deux frères de Villemomble et leur mère, qui avait perdu un œil, le 25 juin 2013. La cour d'assises a reconnu que des violences avaient été commises par les policiers et que la grenade tiré par l'un d'eux avait bien entraîné ce jour-là l'infirmité permanente de la mère de famille, mais elle a estimé que les trois policiers ont agi en état de légitime défense et donc prononcé l'acquittement.

ECOUTER - Après le verdict, soulagement chez les policiers, incompréhension pour la famille

Des policiers, en pleurs, dans les bras de leurs proches

A l'énoncé du verdict, les trois policiers ont affiché leur soulagement dans la salle d'audience, certains, en pleurs, prenant leurs proches et leurs avocats dans leurs bras. Une cinquantaine de collègues étaient venus les soutenir dans une salle pleine pour attendre de la décision, à l'issue de six jours d'audience. 

"L'intervention ne peut pas être parfaite dans ces conditions-là" - Frédéric Gabet, avocat de deux policiers

"C'est le sentiment que les jurés ont compris le danger dans lequel les policiers se mettaient tous les jours et que dans cette action, ce qu'ils avaient fait était légitime" estime Daniel Merchat, avocat du policier qui a tiré la grenade de désencerclement il y a cinq ans. "Les fonctionnaires de police sont invectivés, agressés : il faut considérer que l'intervention ne peut pas être parfaite dans ces conditions-là" ajoute Frédéric Gabet, avocat des deux autres policiers.

ECOUTER - Frédéric Gabet, avocat de deux policiers acquittés

Deux frères étaient jugés à leurs côtés pour violences volontaires pour l'un d'eux, rébellion, outrage et dégradation pour l'autre. Le premier, Makan, a été également acquitté. La cour a reconnu que les policiers lui avaient imputé des violences qui n'étaient pas de son fait. C'est lui que les trois policiers avaient interpellé, le prenant pour un autre qu'ils recherchaient peu avant ce jour-là. 

La famille et leur avocat "extrêmement déçus et choqués"

Son frère, Mohammed, en revanche, est reconnu coupable de rébellion outrage et de dégradation d'une voiture. Mais la cour d’assise a décidé de le dispenser de peine. "La symbolique c'est que le seul qui a été condamné, c'est mon frère" s'agace Makan. Ce jour-là, Mohammed a reçu un coup de grenade lacrymogène au visage et un tir de flashball à l'oreille. "On lui tire dessus à une distance qui n'est pas raisonnable et on nous dit que le policier était en légitime défense (...) il n'y a aucune proportionnalité" commente Makan.

ECOUTER - Philippe Henry Honegger, avocat de la famille

"On est extrêmement déçu et choqué par cette décision" ajoute pour sa part Philippe Henry Honegger, l'avocat de la famille : "je ne peux pas comprendre que dans cette situation on dise qu'ils avaient le droit d'utiliser une force totalement disproportionnée" .