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Mère de famille éborgnée à Villemomble : deux policiers rejugés en appel devant la cour d'assises

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Paris, France Bleu

En juin 2013, une mère de famille avait été éborgnée par une grenade de désencerclement lors d'une intervention des forces de l'ordre à Villemomble en Seine-Saint-Denis. Deux policiers, acquittés lors du premier procès, sont rejugés en appel à partir de ce jeudi 5 mars, à la cour d'assises de Paris.

Makan Kébé, le fils de Fatouma Kébé, éborgnée par une grenade de désencerclement en juin 2013 à Villemomble
Makan Kébé, le fils de Fatouma Kébé, éborgnée par une grenade de désencerclement en juin 2013 à Villemomble © Radio France - Hajera Mohammad

Le 25 juin 2013, des policiers interviennent pour un rodéo dans le quartier des Marnaudes de Villemomble en Seine-Saint-Denis et interpellent le jeune Makan. Son frère, Mohamed, descend de l'immeuble pour prévenir les agents qu'il y a eu méprise, que Makan n'a pas participé à ce rodéo mais la situation dégénère. 

Fatoumata, éborgnée par une grenade

Le grand frère essuie un tir de LBD (lanceur de balles de défense) et un coup de gaz lacrymogène. La mère des deux garçons, Fatouma, qui assiste à la scène depuis l'appartement familial, au quatrième étage, descend à son tour de l'immeuble et s'approche des policiers. C'est à ce moment-là qu'elle est touchée par les projectiles d'une grenade de désencerclement lancée par un des policiers

La femme, âgée de 47 ans à l'époque, perd son œil droit. Mais pour Makan c'est comme si "sa vie s'est arrêtée un peu à ce moment là". Les années qui suivent sont douloureuses : _"Elle perdait l'équilibre, vomissait, avait peur dès qu'on sortait"_, raconte son fils. Pendant des années, cette femme de ménage, s'est aussi vue écartée de plusieurs missions par son employeur, suite à la perte de son œil. Elle est décédée l'an dernier des suites d'une longue maladie grave.

Interpellation filmée par des voisins

Lors du premier procès, en juin 2018, la cour d'assises de Seine-Saint-Denis avait acquitté les trois policiers jugés en retenant la légitime défense. C'est le parquet qui a fait appel de la décision pour deux des policiers, l'auteur du tir de LBD et celui qui a jeté la grenade de désencerclement. Les deux frères qui étaient jugés lors du même procès, pour violences contre ces agents, n'ont reçu aucune peine. Plusieurs vidéos tournées par des voisins avaient remis en cause la version des policiers.

Les policiers évoquent la légitime défense

Makan et son grand frère seront présents ce jeudi à l'ouverture du second procès pour "obtenir justice pour leur mère", "c'est important pour elle, pour la famille entière mais surtout pour qu'elle repose en paix", explique le jeune homme de 26 ans. Il veut aussi profiter de ce procès public pour rappeler la dangerosité de ces armes, les LBD et les grenades de désencerclement, dont on a beaucoup parlé depuis les manifestations de gilets jaunes. "Ça existait déjà en 2013, ça existait avant, ce n'est pas parce qu'on l'a retirée (la grenade GLI F4) qu'il faut oublier qu'il y a eu des victimes bien avant", explique-t-il.  

Les deux policiers, eux, plaident toujours la légitime défense. Le verdict est attendu le 13 mars.

"À ce moment-là, sa vie s'est arrêtée" - Makan Kébé

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