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Police : "Insupportable de savoir qu'une intervention anodine peut aboutir à la mort" (SGP Police FO)

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Par , France Bleu Saint-Étienne Loire

Un hommage national est rendu aujourd'hui au policier d'Avignon tué en intervention la semaine dernière. L'occasion une nouvelle fois pour les policiers d'exprimer leur malaise.

Fabrice Galatioto, invité de France Bleu Saint-Étienne Loire.
Fabrice Galatioto, invité de France Bleu Saint-Étienne Loire. © Radio France

Un hommage national est rendu aujourd'hui au policier d'Avignon tué en intervention la semaine dernière. Jean Castex lui remettra la légion d'honneur à titre posthume. Le Premier ministre qui est sorti de son rendez vous avec les syndicats de policiers hier en promettant un durcissement des peines contre les agresseurs de policiers ou gendarmes. 

Le Premier ministre promet un durcissement des peines contre les agresseurs de policiers ou de gendarmes...

Fabrice Galatioto, secrétaire dans la Loire du syndicat Unité SGP Police FO - Il était temps. Ça fait des années qu'on dénonce cette absence de sanction pénale dure contre les agresseurs de policiers. Malheureusement, il faut arriver à ce qu'il y ait deux morts en deux semaines dans nos rangs. Vous vous rendez compte que cet après midi, on va être tous rassemblés dans la cour du commissariat central à Saint-Étienne, en mémoire de notre collègue ? La semaine dernière, c'était la même chose pour notre collègue de Rambouillet. Il est rageant d'arriver à ce y ait deux morts en deux semaines pour que l'exécutif réagisse.

La présidente du Syndicat de la magistrature dit que c'est "de la poudre aux yeux". Vous avez cette crainte aussi ?

Déjà, ça va dans le bon sens. Ensuite elle n'a pas tort, dans le sens où le juge restera maître de ses décisions. On ne va pas lui imposer quoi que ce soit mais le fait de montrer que les sanctions vont être durcies à l'égard des agresseurs de policiers, c'est quand même réagir face à cette société qui devient ultraviolente. Face à cette société qui est en pleine crise d'autorité et c'était une nécessité absolue. Sans quoi mes collègues vont tomber les uns après les autres. On va les regarder sans rien faire ?

On est à quel point proche de la rupture aujourd'hui ?

Je peux vous dire que depuis 2015, mes collègues sont usés physiquement et psychologiquement, moralement, juridiquement. L'alerte est donnée sans cesse. Sauf qu'on nous écoutait, on n'a pas été entendu. Est ce qu'on a été entendu hier ? Certes, la réaction est dans les mots. Maintenant, on attend des actes. Il va falloir qu'il y ait des circulaires. Il va falloir que ça légifère. Il faut que ça aille vite, très vite.

On est à un an de l'élection présidentielle. Il y a des départementales, des régionales. C'est le moment pour la police de peser dans le débat inévitable autour de la sécurité.

Notre souhait aurait été qu'il n'y ait pas besoin d'échéances électorales pour qu'on puisse avancer sur ces sujets là. Malheureusement, oui, ça va forcément peser dans la balance. Il faut qu'on sorte de ce marasme parce que je vous parle de crise d'autorité, cela ne concerne pas que les policiers. Ça concerne les pompiers, ça concerne les enseignants, les médecins, les élus qui viennent aider la population, comme nous, les policiers qui, en retour, se font agresser gratuitement.

Ces interventions comme celle d'Avignon, c'est le quotidien de vos de vos collègues ?

On s'identifie à ces collègues. Ça nous touche vraiment parce que ces contrôles, c'est le quotidien. C'est ce que vont faire mes collègues qui ont pris leur poste ce matin à cinq heures du matin, qui vont travailler jusqu'à 14 heures et qui vont contrôler, contrôler sans cesse. Contrôles routiers, contrôles stups, en différend familial. Et ces interventions anodines, de savoir qu'elles peuvent aboutir à la mort d'un de mes collègues, c'est insupportable. Mes collègues n'en peuvent plus.

Le Beauvau de la sécurité a été suspendu. Là aussi, on en attend encore plus à la lumière de ce qui s'est passé ?

Effectivement, la prochaine étape du Beauvau de la sécurité, ça sera le 27 mai. Le sujet qui sera posé sur la table sera la relation police-justice, la réponse pénale. Notre souhait, c'est que la réponse pénale soit effectivement bien plus forte et qu'on avance mais vite. J'ai le sentiment qu'on ne nous a pas entendus depuis des années où nous, on constate que les violences sont de plus en plus importantes, de plus en plus nombreuses. Il faut des événements dramatiques pour qu'il y ait un début d'écoute. C'est malheureux, tout ça.

Avant le 27 mai, il y aura le 19 mai une marche citoyenne prévue à Paris pour essayer de rassembler et de montrer que finalement les policiers ne sont pas dans leur coin et la population dans un autre ?

Oui, c'est important d'arrêter d'entendre cette minorité hurlante qui nous a dénigrés mais de rassembler cette population, cette grosse majorité qui est derrière sa police, qui  veut un changement, qui veut une nouvelle société, qui ne veut pas laisser cette société là à nos enfants. Il faut que ça bouge.

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