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Faits divers – Justice

Metz : une vingtaine de migrants mis à l’abri en urgence pour la nuit

dimanche 3 décembre 2017 à 7:07 Par Vianney Smiarowski, France Bleu Lorraine Nord

Une quarantaine de migrants dont des enfants sont arrivés vendredi avenue de Blida, là où l'ancien camp a été démantelé le 15 novembre dernier. Après une première nuit passée dehors pour près de la moitié d'entre eux, les associations se sont mobilisées en urgence pour que cela ne se reproduise pas.

Camp de fortune installé le long de l'avenue de Blida
Camp de fortune installé le long de l'avenue de Blida © Radio France - Vianney Smiarowski

Metz, France

C'était une journée marathon ce samedi pour les associations qui viennent en aide aux migrants à Metz. Le collectif mosellan de lutte contre la misère et le soleil de Blida ont allié leurs forces pour aider une quarantaine de personnes dont des femmes et des enfants en bas âge à passer la nuit au chaud. Les bénévoles du soleil de Blida se sont chargés de distribuer des vêtements, des couvertures, du café et des plats chauds. Le collectif mosellan de lutte contre la misère a cherché et trouvé un local pour mettre les gens à l’abri, le gymnase du collège Arsenal à Metz. Une vingtaine de personnes dont des enfants y ont passé la nuit, les autres ont bénéficié d'un hébergement d'urgence à l'hôtel.

Parmi la quarantaine de migrants, plus d'une dizaine d'enfants - Radio France
Parmi la quarantaine de migrants, plus d'une dizaine d'enfants © Radio France - Vianney Smiarowski

"je ne pensais pas être confrontée de nouveau à cette situation d'urgence" Emmanuelle - soleil de Blida

Il y a comme une impression de déjà vu dans l'avenue de Blida, à deux pas de l'ancien camp de migrants, démantelé le 15 novembre dernier. Originaires du Kosovo, de Macédoine, de Bosnie, d'Albanie, de Serbie, du Kirghizistan ou encore d'Arménie, les migrants sont arrivés vendredi. "A 15 jours du démantèlement, je ne pensais pas être confrontée de nouveau à cette situation d'urgence. Là, on est de nouveau à charger nos voitures avec des couvertures en essayant de rassurer comme on peut les personnes" avoue Emmanuelle de l'association le soleil de Blida.

Chargement d'une voiture de bénévole prêt à être distribué - Radio France
Chargement d'une voiture de bénévole prêt à être distribué © Radio France - Vianney Smiarowski

Une vingtaine de migrants logés en urgence pour la nuit par le 115. Une autre vingtaine dans un gymnase.

L'urgence était donc de faire dormir tout le monde au chaud. Après une après-midi à chercher des locaux à la hâte, le collectif mosellan de lutte contre la misère a fini par installer, sans autorisation, les personnes à la rue dans un gymnase. En début de soirée et après de longues tractations le 115, une vingtaine d'entre eux, les plus vulnérables, femmes et enfants ont été transportés dans des hôtels à Woippy, Florange ou encore Thionville.

"C'est bien mais c'est incomplet" Richard - collectif mosellan de lutte contre la misère

"Je ne me suis pas mobilisée pour que des gens soient hébergés pour une nuit puis on les met dehors à 7h30 du matin, ce n'est pas satisfaisant. Je me bats pour qu'il y ait un hébergement continu, inconditionnel et immédiat" estime Chantal du collectif mosellan de lutte contre la misère. "C'est bien mais c'est incomplet. L'ensemble du groupe ne semble pas être concerné. Les hommes seuls sont en dehors de l'accueil et une famille, un homme avec deux adolescents de 11 et 16 ans, on lui a répondu qu'ils n'étaient pas prioritaires parce que les enfants sont grands" complète son mari Richard, également membre du collectif.

Discussion entre bénévoles et migrants  - Radio France
Discussion entre bénévoles et migrants © Radio France - Vianney Smiarowski

Une solution d'urgence a donc était trouvée pour la nuit mais les bénévoles et les migrants redoutent que la situation se produise à nouveau les jours qui viennent. Le collectif mosellan de lutte contre la misère estime que l'Etat ne joue pas son rôle et que l'hébergement d'urgence n'est pas une solution "parce que l'accueil se fait vers 22h, y compris pour des nourrissons et le lendemain à 7h30 on les met dehors, ce qui veut dire qu'ils passent à nouveau la journée à cailler près d'un feu d'ordures. C'est une situation scandaleuse, on a les moyens de recevoir les gens normalement. Je ne comprends pas cet acharnement à vouloir laisser des gens dehors. On a l'impression que c'est pour faire un exemple pour montrer à des gens qui risqueraient de venir en France et leur dire ne venez pas. On a l'impression qu'il faut donner cette image de la France pour empêcher des gens de venir. Qu'est-ce que cette manière de faire ? J'ai honte, c'est indigne" dit Eric Graff, le porte-parole du collectif.

Eric Graff au micro France Bleu de Vianney Smiarowski