Faits divers – Justice

Meursault : un viticulteur se fait voler des raisins

Par Thomas Nougaillon, France Bleu Bourgogne et France Bleu lundi 26 septembre 2016 à 19:04 Mis à jour le mardi 27 septembre 2016 à 1:57

Eric Boussey, viticulteur à Monthélie
Eric Boussey, viticulteur à Monthélie © Radio France - Thomas Nougaillon

Alors que les vendanges ont commencé depuis quelques jours, un vigneron de Monthélie (Côte-d'Or) a eu une très désagréable surprise jeudi dernier. En arpentant une de ses parcelles, il a découvert qu'une de ses vignes produisant de l’aligoté avait été pillée à Meursault.

Il était 9 heures ce jeudi matin, lorsque Éric Boussey, 55 ans viticulteur à Monthélie, à quelques kilomètres de Beaune s’est rendu compte du vol qui ne concerne que quatre à cinq rangs de vignes, c’est donc symbolique puisque le ou les voleurs n’ont emporté au final que l’équivalent d’une centaine de bouteille. A 7,30 euros les 75 centilitres c’est assez modeste.

Un acte de malveillance alors que les récoltes ne seront pas bonnes

N’empêche que cela fait mal, car la Côte de Beaune fait partie des coins de Bourgogne les plus touchés par le gel au printemps dernier. Cette année la récolte sera donc très modeste et ce viticulteur n’avait vraiment pas besoin de ce nouveau coup dur.

"C’est vrai que ça fait des pertes énormes, après ces années de difficultés, ça donne envie d’arrêter."

— Éric Boussey, viticulteur

Éric Boussey est un petit viticulteur et exploite cinq hectares au total à Monthélie, Pommard, Volnay et Meursault. En activité depuis 1983, il raconte que c’est la première fois qu’il doit faire face à des vols. S’il l’a signalé à la gendarmerie de Beaune, il n'a toutefois pas déposé de plainte. En effet, les assurances remboursent seulement les vols après récolte mais pas avant.

Le vol de raisin, un phénomène extrêmement rare en Bourgogne

Il est difficile de quantifier ce genre de larcins et Jean-Michel Aubinel, président de la Confédération des Appellations et des Vignerons de Bourgogne (CAVB), estime que "c’est quasiment du jamais vu, on était plus habituellement sur une troupe de vendangeurs qui se trompaient dans les vignes et qui commençaient à vendanger les rangs du voisin". Pour Jean-Michel Aubinel ce sont les aléas climatiques qui expliquent vraisemblablement ce changement de comportement. Il pointe du doigt des bandes organisées qui vont récupérer les raisins dans les vignes pour les revendre.

"On sait qu’on est sur une année où la récolte va être faible sur la Bourgogne, c’est toujours tentant d’aller chercher du raisin (…) parce que ça peut faire des vins qui peuvent être valorisés (…) il faut souhaiter que ça s’arrête là."

— Éric Boussey, viticulteur

Pour éviter les vols, des viticulteurs de Saône-et-Loire patrouillent

À une vingtaine de kilomètres de Meursault, les vignerons de Givry en Saône-et-Loire, eux, n'ont pas à se plaindre. Le gel a épargné leurs parcelles. La récolte promet déjà d’être bonne en quantité et en qualité. Une qualité "exceptionnelle" selon Luc Hibon, président de l'Organisme de Défense et de Gestion (ODG) qui représente 80 producteurs à Givry.

Pour éviter de se faire voler leurs raisins, depuis une dizaine de jours, une dizaine d'entre eux se relaient pour patrouiller en binôme dans les vignes ! C'est la première année qu'ils font cela. Ils partent de nuit, et en cas de soucis, ils contactent immédiatement les gendarmes. Visiblement, cette surveillance est efficace car pour l'instant les vignerons de Givry ne déplorent aucun vol de raisin dans leurs vignes.

Pour la première fois depuis six ans, ces vignerons devraient donc remplir leurs cuves et obtenir de quoi refaire un peu leurs trésoreries mises à mal ces dernières années. Après une succession de mauvaises récoltes depuis 2009.

"On s’est dit que serait trop malheureux de se faire voler de la vendange alors qu’on a une récolte si belle."
— Luc Hibon, président de l'Organisme de Défense et de Gestion

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