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Dossier : Meurtre d'Adrien Perez

Meurtre d'Adrien Perez : Yanis El Habib sera-t-il remis en liberté le 30 juillet ?

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Par , France Bleu Isère, France Bleu

Yanis El Habib saura ce jeudi 30 juillet à 14 heures si la Chambre de l'Instruction de la Cour d'appel de Grenoble le libère ou le laisse en détention provisoire. Mis en examen pour meurtre et tentative de meurtre, après la mort d'Adrien Perez, il y a deux ans, il nie avoir porté les coups mortels.

Les parents d'Adrien Perez, avec l'un de leurs avocats, au Palais de Justice de Grenoble
Les parents d'Adrien Perez, avec l'un de leurs avocats, au Palais de Justice de Grenoble © Radio France - Véronique Pueyo

Yanis El Habib, 21 ans, apparaît sur l'écran installé dans la salle d'audience.  Il est en visioconférence depuis sa prison de Saint Quentin Fallavier, tout comme son avocat, Maitre Charles, retenu à Bourges, pour une autre affaire.

Ecoutez le reportage sur la demande de remise en liberté de Yanis El Habib

Yanis El Habib, l'un des trois meurtriers présumés d’Adrien Perez, tué d'un coup de couteau le 29 juillet 2018, à la sortie d'une boîte de nuit de Meylan, a comparu ce mercredi après-midi devant la Chambre de l'Instruction de la cour d'appel de Grenoble car le 23 juillet dernier, la juge des libertés et de la détention (JLD) avait ordonné sa remise en liberté, contre l'avis du juge d'instruction. 

"Ne vous laissez pas influencer par l'opinion publique et la presse" - Maître Charles, avocat de Yanis El Habib, aux magistrats

Le parquet avait aussitôt fait appel, un appel examiné donc ce mercredi par la Chambre de l'Instruction. Son avocat a plaidé la remise en liberté, arguant que son client n'a pas de casier judiciaire, qu'il est jeune, 21 ans, qu'il a un projet de réinsertion professionnelle et une adresse à Marseille, chez sa tante et surtout qu'il nie depuis le début avoir eu un couteau en main. "Madame la Présidente" dit-il en s'adressant à la Chambre "Ne vous laissez pas influencer par l'opinion et par la presse qui en a fait beaucoup sur cette affaire. Je comprends la douleur de la famille d'Adrien Perez, mais ce n'est pas la question qui est posée ici."

Des images choquantes pour les parties civiles

Mais Maitre Lévy-Soussan, avocat de Mathieu, un ami d’Adrien, blessé gravement lors de l'agression, a plaidé pour le maintien de Yanis El Habib en détention, en s’appuyant sur la scène de l'agression, filmée par les caméras de vidéosurveillance. "Yanis El Habib est bien identifié sur les images. Il porte des coups et à la fin, il lève les bras en signe de victoire. S'il sort, il y aura bien un trouble à l'ordre public. Le 21 avril dernier, votre Cour avait rendu un arrêt de maintien en détention. Soyez cohérents, rien n'a changé en trois mois." lance-t-il aux magistrats.

Maitre Farelly pour les parents d'Adrien Perez prend à son tour la parole pour demander, lui aussi, le maintien en détention de Yanis El Habib : " Ce 29 juillet, cela fait deux ans, jour pour jour, qu'Adrien Perez est mort, poignardé à la sortie d'une discothèque pour un motif futile d'échange de numéros de portable. Depuis mes clients, _Patricia et Bruno, ses parents, Marjorie, sa sœur, vivent un cauchemar éveillé_, un abîme rempli de souffrance au fond duquel se trouve le corps froid, sans vie de leur fils, de leur frère."

"Il est trop tôt de parler de réinsertion professionnelle" - Maître Farelly, avocat de la famille Perez

Il cite un extrait du rapport psychologique. "Yanis El Habib est décrit comme bagarreur, impulsif, attaché à son honneur, violent quand il boit. Quand il parle de réinsertion professionnelle, c'est trop tôt. Le procès n'a pas encore eu lieu." L'avocate générale également demande le maintien en détention : "Il y a des risques de pression sur les témoins, de troubles à l'ordre public. Le remettre en liberté, cela signifierait que ce qui s'est passé n'est pas grave. On ne peut pas envoyer ce message."

Patricia Perez avec sa fille et Mathieu, (de dos) l'ami d'Adrien, gravement blessé dans l'agression, et partie civile dans le dossier
Patricia Perez avec sa fille et Mathieu, (de dos) l'ami d'Adrien, gravement blessé dans l'agression, et partie civile dans le dossier © Radio France - Véronique Pueyo

Puis la présidente de la Chambre donne la parole en dernier à Yanis El Habib. T-shirt bleu ciel, cheveux noirs retenus en queue de cheval, fine barbe, il s'exprime d'une voix un peu mécanique, qui semble réciter. "J'ai conscience que les faits qui me sont reprochés sont graves",dit-il "Cà fait deux ans que j'y pense tous les jours, _je regrette. C'est sincère_." Et il enchaîne : "Je dis la vérité, je me suis battu à mains nues, je n'avais pas de couteau. Je suis irréprochable en prison. J'aimerais retrouver ma vie normale, merci de me rendre ma liberté." 

Mea culpa de façade pour les parties civiles

L'audience est terminée, la présidente annonce qu'elle rendra sa décision jeudi à 14 heures. A l'extérieur de la salle, les avocats répondent aux questions de la presse. Le mea culpa de Yanis El Habib a laissé sceptique Maître Lévy-Soussan : " Je ne veux pas préjuger, mais quand on veut sortir de prison, on dit qu'on a des regrets. Et surtout, dans le dossier, on a des écoutes téléphonique entre les deux frères, Yanis et Younès. Et pour moi, c'est stratégique." Younès, le grand frère de Yanis El Habib, a dit être le seul à avoir porté les coups de couteau. Lui reste en prison, à Varces.

Les parents d’Adrien Perez sont restés impassibles derrière leurs masques, ils n'ont pas souhaité réagir. Leur avocat dit : "L'attente va être longue  jusqu'à demain après-midi". L'avocat de Yanis El Habib, Maître Charles, qui a plaidé la remise en liberté de son client, n'a pas souhaité s'exprimer. Il attend la décision de la Chambre de l'Instruction pour le faire.

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