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Faits divers - Justice

Meurtre conjugal à Limoges : les enfants prennent la défense de leur mère devant la cour d'assises

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Limousin

Les assises de la Haute-Vienne jugent depuis ce lundi une femme de 42 ans pour le meurtre de son mari, en juin 2013 à Limoges. Le couple était en instance de divorce. L'accusée avance la thèse de la légitime défense, soutenue par ses enfants.

L'arme du crime, un fusil, présenté sur la table des pièces à convictions de la cour d'assises de la Haute-Vienne.
L'arme du crime, un fusil, présenté sur la table des pièces à convictions de la cour d'assises de la Haute-Vienne. © Maxppp - Nathalie Col

Limoges, France

Une première journée de procès très dense s'est tenue ce lundi devant la cour d'assises de la Haute-Vienne, où une femme de 42 ans est jugée pour le meurtre de son mari. Les faits se sont produits en juin 2013, dans le quartier du Val de l'Aurence à Limoges. La victime âgée de 40 ans a été tuée de deux coups de fusil.  L'accusée avance la thèse de la légitime défense face à ce mari violent, condamné à trois reprises, avec lequel une procédure de divorce était engagée. La fille aînée du couple, 18 ans, et le fils de 16 ans ont témoigné en faveur de leur mère dans la soirée.

Les enfants décrivent un père "bipolaire" et une famille vivant dans la peur

"Toute mon enfance j'ai vu mon père battre ma mère" raconte le fils qui dit avoir "été victime" lui-aussi. Sa sœur relate également des violences, des menaces et une mère traquée, muselée, harcelée. _"Elle n'avait pas le droit de parler à d'autres hommes , pas le droit de sortir, sauf pour les courses ou pour les trajets à l'école."Elle ajoute que la vie de toute la famille dépendant des humeurs du père. Les deux enfants le décrivent comme "bipolaire". Le fils précise : "un jour ils rigolait, jouait avec nous et le lendemain il nous envoyait dans notre chambre, apprendre par cœur des versets du coran. Si on se trompait en récitant, il nous faisait faire le grand écart ou nous frappait le poignet."_ Une violence crescendo racontée aussi par des frères, sœurs et voisines de l'accusée, entendus comme témoins .  

Des versions fluctuantes et contradictoires

Sur la nuit des faits, les souvenirs sont tantôt ravivés par l'audience, tantôt flous.  Ce soir-là, _"c'est la seule fois où j'ai vu ma mère se défendre"_témoigne encore son fils. Le président, l'avocat général et les avocats des parties civiles relèvent des incohérences et des contradictions dans les propos des enfants. Plus tôt dans la journée, les experts balistiques avaient aussi en partie mis en cause la version de la mère. A-t-elle agi par légitime défense ? Les coups de feu sont-ils partis accidentellement dans la bagarre ? Ou est-ce le geste volontaire d'une femme battue poussée à bout par cette nouvelle agression ? Toutes ces questions sont ardemment débattues durant l'audience.

Il a failli tuer ma mère, qui vous dit qu'il ne nous aurait pas tués aussi ? - le fils de la victime et de l'accusée

Reste des zones d'ombre et des interrogations sur la chronologie et le déroulement des faits dans cet ultime huis-clos familial. "Si on ne comprend pas, on peut penser aussi qu'il y a des choses à cacher et qu'elles sont plus graves encore. Vous ne dites pas tout !" tonne Gilles Fontrouge, le président de la cour d'assises.  Les enfants rappellent qu'à l'époque ils avaient 11 et 13 ans et expliquent qu'ils étaient sous le choc.  Leur mère essuie des larmes dans un mouchoir et la fille finit aussi par fondre en larmes face aux questions insistantes. "Qui l'a tué ? Qui a tiré le dernier coup de feu fatal ?"  Ces interrogations répétées plusieurs fois sont devenues l'un des enjeux du procès, face à des souvenirs fluctuants.

Le procès se poursuit jusqu'à mercredi

Ce mardi, c'est au tour des parents et du frère de la victime, qui se sont constitués parties civiles, d'être entendus par la cour d'assises de la Haute-Vienne. L'accusée, qui s'est défendue maladroitement durant la première journée d'audience, sera également interrogée plus longuement. Des expertises psychiatriques, psychologiques et concertnant le fonctionnement du couple et de la famille doivent aussi permettre d'éclairer les débats. La mère de famille encourt jusqu'à 30 ans de réclusion criminelle. Le verdict est attendu mercredi.

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