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Faits divers – Justice DOSSIER : Affaire Pastor

Procès Pastor : dix accusés devant les assises à Aix-en-Provence

dimanche 16 septembre 2018 à 17:05 Par Marion Chantreau, France Bleu Azur, France Bleu Provence et France Bleu

Dix personnes comparaissent à partir de ce lundi devant la cour d'assises des Bouches-du-Rhône, à Aix-en-Provence. Elles sont accusées d'avoir participé, à des degrés divers, au double meurtre de la milliardaire monégasque Hélène Pastor et de son chauffeur, en mai 2014 à Nice.

La cour d'assises des Bouches-du-Rhône, Aix-en-Provence
La cour d'assises des Bouches-du-Rhône, Aix-en-Provence © Maxppp - FRANZ CHAVAROCHE -PHOTOPQR/NICE MATIN

Nice, France

Le procès, qui s'annonce très médiatique, est prévu pour durer cinq semaines devant la cour d'assises d'Aix-en-Provence, jusqu'au 19 octobre. Quatre ans après la mort d'Hélène Pastor, richissime femme d'affaires monégasque, et de son chauffeur Mohamed Darwich, dix personnes se retrouvent dans le box des accusés. Parmi elles, un ex-consul honoraire de Pologne à Monaco, un coach sportif, un gendarme auxiliaire, des voyous marseillais... bref, un casting digne d'un roman policier où se côtoient la soif d'argent, de reconnaissance sociale, de pouvoir. On compte également une douzaine de parties civiles, dont l'ex-mari, la fille et le fils d'Hélène Pastor.  

Des accusés aux profils et aux rôles divers

La femme d'affaires monégasque Hélène Pastor, propriétaire d'un empire immobilier à Monaco, était tombée dans un guet-apens le 6 mai 2014, devant l'hôpital L'Archet à Nice. Son véhicule avait essuyé des tirs. Elle et son chauffeur, tous deux grièvement blessés, étaient morts quelques jours plus tard.

Au terme d'une enquête colossale - l'analyse de plus de trois millions d'appels téléphoniques notamment - les enquêteurs de la police judiciaire de Nice étaient remontés au commanditaire présumé des meurtres, le principal accusé au procès : Wojciech Janowski, homme d'affaires polonais et gendre d'Hélène Pastor. 

Son coach sportif sera aussi présent dans le box. Pascal Dauriac reconnait avoir passé un contrat avec Wojciech Janowski qui l'a chargé d'organiser le guet-apens et de recruter des hommes de main, en échange de 140.000 euros. 

Sur le banc des accusés, il y aura également le tireur présumé et le guetteur, deux petits voyous marseillais très vite identifiés par les caméras de vidéosurveillance. On trouve ensuite des intermédiaires, dont un gendarme auxiliaire qui aurait fourni des munitions, et deux personnes accusées de faux témoignages - un ancien détenu, et la nièce de Wojciech Janowski - qui ont tenté d'innocenter l'homme d'affaires polonais. 

Parole contre parole : commanditaire et organisateur présumés dos à dos

Wojciech Janowski, 69 ans, continue de nier les faits depuis sa cellule de prison marseillaise. L'ex-consul honoraire de Pologne à Monaco, s'était rétracté quelques jours après sa première garde à vue, au cours de laquelle il avait avoué être le commanditaire. Il avait pointé une mauvaise compréhension, en l'absence de traducteur. Ses avocats avaient d'ailleurs saisi la chambre de l'instruction de la cour d'appel d'Aix-en-Provence, qui avait rejeté leur requête. Ses défenseurs n'excluent pas, toutefois, pas de déposer une nouvelle requête en nullité devant la Cour européenne des Droits de l'Homme, au sujet des conditions de cette garde à vue. 

Wojciech Janowski pourrait mettre en cause son coach sportif, Pascal Dauriac, au procès. Selon lui, le coach lui aurait fait croire que sa famille était menacée et lui aurait soutiré de l'argent pour assurer une protection, mais après la mort d'Hélène Pastor, Pascal Dauriac lui aurait avoué à mots couverts que des amis à lui étaient les auteurs des meurtres. 

"La ligne de défense de mon client, c'est la vérité", clame maître Jean-Robert Nguyen Phung, avocat de Pascal Dauriac. Le coach sportif de Sylvia Pastor et Wojciech Janowski a reconnu devant les enquêteurs avoir supervisé le recrutement de l'équipe chargée d'assassiner Hélène Pastor. Mais il a agi à la demande de son client, il dit avoir été "manipulé" par le gendre d'Hélène Pastor, qui avait de l'ascendant sur lui, lui a offert des cadeaux, promis de l'argent. 

Mon client assume sa responsabilité et la vérité l'accable. Il sait qu'au procès, il sera une cible pour tous. 

Son avocat précise qu'en quatre ans et demi de détention, il n'a jamais déposé de demande de remise en liberté. "Pascal Dauriac reste pour moi et sa famille une énigme, quand on connaît sa culture, son éducation, ses valeurs, on se demande ce qu'il est allé faire là-dedans. Mais pressé, harcelé, sous l'emprise d'un homme, de fantasmes, il a participé à ces crimes et attend une sanction juste."

Cinq semaines pour faire éclater la vérité

Sur le banc des parties civiles, il y aura, entre autres, le fils d'Hélène Pastor, Gildo, 52 ans, qui compte assister à tout le procès. "C'est important pour lui d'être présent, d'entendre les déclarations de chacun", confie son avocat, maître Thomas Giaccardi. Sa mère avait été visée par des tirs à la sortie de l'hôpital L'Archet à Nice, alors qu'elle venait de lui rendre visite. Il était hospitalisé là après un accident vasculaire cérébral datant de janvier. 

Mon client a des convictions, mais il attend des explications, des réponses sur ce qui a pu pousser les accusés à commettre des faits criminels.

Selon son avocat, Gildo Pastor a des convictions car "l'enquête a été très bien menée et a permis de recueillir de nombreux éléments" mais il s'interroge sur le mobile du commanditaire présumé, "pourquoi celui que la famille appelait affectueusement 'Woltek' en est-il arrivé à planifier le meurtre de sa mère ? "

Pour lui, ça ne peut pas être par cupidité, car Wojciech Janowski ne manquait de rien avec sa sœur à qui Hélène Pastor versait mensuellement 500.000 euros de rente. "Mon client éprouve une vraie incompréhension, il savait que son beau-frère avait tendance à mentir, il avait des relations cordiales avec lui lors des réunions de famille, jamais il n'aurait pu imaginer son implication". Gildo Pastor espère donc que ce procès permettra d'en savoir plus, notamment, sur la personnalité et les motivations du principal accusé.