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Faits divers – Justice

Meurtre de Kévin à Mourmelon : l’auteur présumé a avoué, les deux ados auraient tout prévu quelques jours avant le drame

mercredi 6 juin 2018 à 22:23 - Mis à jour le jeudi 7 juin 2018 à 8:06 Par Aurélie Jacquand, France Bleu Champagne-Ardenne et France Bleu

Les deux mineurs mis en cause dans le meurtre de Kévin à Mourmelon-le-Grand ont été placés en détention provisoire. Ils sont poursuivis pour assassinat. Selon les aveux de l'auteur présumé des coups de couteau, tout avait été planifié trois à quatre jours avant le drame, pour un mobile encore flou.

Le procureur de la république de Reims a tenu une conférence de presse au sujet de l'assassinat de Kévin à Mourmelon-le-Grand
Le procureur de la république de Reims a tenu une conférence de presse au sujet de l'assassinat de Kévin à Mourmelon-le-Grand © Radio France - Aurélie Jacquand

Mourmelon-le-Grand, France

C'était "prémédité, préparé et organisé", dans les moindres détails. Voilà ce qui ressort de la conférence de presse donnée ce mercredi par le procureur de la République de Reims, Matthieu Bourrette, au sujet du décès de Kévin, sauvagement tué à coups de couteau samedi 2 juin à Mourmelon-le-Grand. Sa petite-amie, âgée de 17 ans et que nous appellerons O., ainsi que l'auteur présumé des faits que nous appellerons A., avaient tout prévu trois ou quatre jours avant le drame.

France Bleu Champagne-Ardenne revient sur les détails de l'affaire

A. avait avoué à sa petite soeur avoir tué Kévin

D'abord sur la piste d'un "mauvais regard" ou d'un vol qui tourne mal, c'est le témoignage d'un camarade de classe de A. qui va réorienter les enquêteurs. Lundi 4 juin, en arrivant au lycée, ce camarade remarque que A. est blessé et qu'il boite. Sachant que le garçon est amoureux de O., il fait le lien et avertit son père qui informe à son tour la police. 

Lors des perquisitions au domicile des parents de A., la soeur du jeune homme explique qu'elle l'a vu rentrer blessé samedi après-midi et qu'il s'est confié à elle, lui avouant avoir tué Kévin à coups de couteau. Dans sa chambre, les enquêteurs retrouvent alors des vêtements ensanglantés et un couteau de type poignard de combat américain, qui s'avérera être l'arme du crime. L'autopsie confirmera la violence des faits puisque Kévin a reçu une vingtaine de coups de couteau, dont deux mortels transperçant les poumons avec une lame de 18 centimètres.

Des fleurs déposées en mémoire de Kévin, sur le lieu du drame à Mourmelon-le-Grand - Radio France
Des fleurs déposées en mémoire de Kévin, sur le lieu du drame à Mourmelon-le-Grand © Radio France - Philippe Rey-Gorez

D'abord silencieux pendant sa garde à vue, l'auteur présumé des coups de couteau finit par avouer. Il explique que trois à quatre jours avant le drame, lui et la jeune fille O., ont imaginé ensemble le projet de tuer Kévin, "sans que l'un n'ait pu prendre le pas sur l'autre", selon le procureur de la République de Reims. La jeune fille devait donner rendez-vous à Kévin dans le bois des soeurs à Mourmelon-le-Grand et c'est là que A. devait intervenir et simuler le vol du sac de la jeune fille pour conduire Kévin à intervenir.

"Une dynamique organisationnelle quasiment machiavélique" selon le procureur de Reims

"Il était même prévu que la jeune fille soit légèrement blessée pour donner plus de crédits à l'agression", explique le procureur Matthieu Bourrette qui poursuit : _"_Ils avaient aussi anticipé l'appel à témoins en cherchant sur internet la photo d'un possible mis en cause". C'est ce portrait-robot, dressé grâce au témoignage de O., qui sera utilisé par les enquêteurs et largement diffusé dans la presse, sauf que "Tout était faux", selon Matthieu Bourrette.

Le plan machiavélique ne s'arrête pas là, puisqu'au moment de l'agression, A. portait sur lui un jean par-dessus un survêtement pour pouvoir se changer. Au cours de sa garde à vue, il admet également qu'il a cherché à se confectionner un alibi en faisant croire qu'il faisait de la course à pieds au moment des faits, en postant sur internet des photos de ses chaussures de sport avec cette légende : "J'ai bien couru LOL".

Un mobile encore flou

Pour expliquer son geste, le jeune garçon raconte qu'il a agi à la demande de la jeune fille, qui se disait harcelée par Kévin, la victime. Elle n'a pas reconnu les faits pendant sa garde à vue, mais a avoué avoir vu A. une heure avant les faits. Ce qui est certain c'est que les enquêteurs ont retrouvé dans leurs téléphones des traces d'échanges quasi quotidien entre eux. "Je ne peux que m'interroger pour savoir si j'ai de 'nouveaux amants diaboliques' ou si j'ai une logique de bras armé avec une tête criminelle", a déclaré le procureur de Reims Matthieu Bourrette pendant sa conférence de presse. 

La suite des investigations devra permettre de cerner les personnalités des deux mis en cause, mais aussi de "vérifier si l'un des deux a pu se trouver sous l'emprise de l'autre ou si les responsabilités sont partagées à niveau égal", précise Matthieu Bourrette qui insiste : "Il est extrêmement rare de poursuivre des mineurs pour assassinat". Ils ont tous les deux été placés en détention provisoire en attendant leur procès au cours duquel ils encourent une peine de 30 ans de réclusion criminelle.