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Meurtre de la Bordelaise Alicia Faye en Guyane : "Elle a été prise dans un guet-apens" témoignent ses parents

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Par , France Bleu Gironde, France Bleu

Le 13 mars, le corps d'Alicia Faye, Bordelaise de 25 ans était retrouvée dans une rue de Cayenne, une balle dans la tête. Une "exécution", disait le procureur, sur fond de vol d'argent et de rendez-vous avec un Guyanais. Les parents d'Alicia Faye, installés à Saint-Louis-de-Montferrand, témoignent.

Jacqueline et Bernard Faye ne comprennent toujours pas pourquoi leur fille a été tuée.
Jacqueline et Bernard Faye ne comprennent toujours pas pourquoi leur fille a été tuée. © Radio France - Thomas Coignac

"On ne comprend pas". Ce sont probablement les mots qu'ont le plus répétés Jacqueline et Bernard Faye, lorsqu'ils ont évoqué la mort de leur fille, Alicia, tuée d'une balle dans la tête à 25 ans, dans une rue de Cayenne, en Guyane, le 13 mars dernier. Dans leur maison de Saint-Louis de Montferrand, entourés de leur famille, ces retraités ont installé un véritable mausolée à la mémoire de leur fille, avec photos et souvenirs. 

Lorsqu'elle évoque sa fille, en se tenant la main de son mari sur le canapé, Jacqueline Faye évoque une jeune femme "très vaillante. Elle travaillait constamment. Elle faisait sa journée et le soir, pour payer son loyer, elle n'avait pas peur de faire deux heures supplémentaires de ménage dans les bureaux ou dans les banques. Lors de son premier emploi, elle travaillait en boulangerie. Elle avait demandé à sa patronne si elle pouvait distribuer les invendus aux SDF dans la rue". Une jeune femme qui avait fait des études pour travailler dans l'hôtellerie. Elle avait travaillé dans un hôtel bordelais, avant de perdre son dernier emploi, dans une entreprise de distribution de café, au mois de décembre, à cause de la crise sanitaire. 

Un premier voyage en Guyane en février

Une perte d'emploi qui avait rendu sa fille "complètement déprimée", selon Jacqueline Faye. C'est cet événement qui va précipiter son premier départ pour la Guyane, au mois de février. Elle informe alors ses parents qu'elle traverse l'Atlantique, pour des vacances, en compagnie d'une connaissance guyanaise, et qu'elle loge chez la famille de cette connaissance. "Elle devait partir trois semaines et elle est revenue au bout de 15 jours", dit sa mère, qui, à l'époque, trouve ça "curieux". "Sur le moment, il est vrai que j'étais inquiète, mais je lui faisais totalement confiance". 

Au retour, tout semble aller parfaitement bien. "Elle était pleine de vie, pleine de joie. Elle était naturelle", continue sa mère. Elle prépare même une surprise à ses parents, qui retrouveront des ballons de baudruche dans le coffre de sa voiture, pour fêter les anniversaires du mois de mars. Son père vient faire des travaux dans l'appartement de sa fille, à Artigues, deux jours avant qu'elle ne reparte en Guyane. 

Dans le salon de la maison, les parents ont rassemblé des souvenirs de leur fille.
Dans le salon de la maison, les parents ont rassemblé des souvenirs de leur fille. © Radio France - Thomas Coignac

Lorsqu'elle repart, le vendredi 12 mars, Alicia Faye cache, cette fois, son voyage à ses parents. "On s'était eues par texto le mercredi", rembobine Jacqueline Faye. "Le vendredi, on était avec mon mari dans la salle à manger, j'ai voulu prendre des nouvelles d'Alicia. Il était 22h24". La jeune fille répond qu'elle est à Paris avec des amies. En vérité, elle vient d’atterrir à Cayenne, avec 5 000 euros en liquide. Elle a rendez-vous avec un homme, Guyanais, qui vient la chercher ensuite à son hôtel dans la soirée. Quelques heures plus tard, son corps est retrouvé dans la rue. Le suspect, lui, a été mis en examen avec sa compagne pour meurtre. 

Elle a été manipulée. Elle a eu un lavage de cerveau

Alors, qu'est-il arrivé Alicia Faye, issue "d'une famille sans problème, avec des valeurs", comme le dit son père ? Comment a-t-elle rencontré cet homme, et pourquoi a-t-elle fait le trajet pour le retrouver avec autant d'argent ? Les réponses, Bernard Faye, qui s'est longuement entretenu avec le procureur de la Républqiue de Cayenne, Samuel Finielz, ne les a pas. Mais, il est sûr que sa fille "a été dans un guet-apens. C'est des trucs crapuleux, elle a été exécutée. Après le reste, c’est l'enquête qui va creuser". "Elle a été manipulée. Elle a eu un lavage de cerveau", pense sa mère. Bernard Faye acquiesce, et pointe le rôle des réseaux sociaux, qui "attrapent très vite le cerveau".

Après la mort d'Alicia Faye, le suspect est revenu à l'hôtel de la jeune femme, avec sa carte magnétique, chercher ses affaires, qu'il a récupérées avec sa compagne, enceinte. Du sang a été retrouvé dans la voiture du couple, aujourd'hui mis en examen pour meurtre. S'ils sont toujours présumés innocents, Bernard Faye voit dans ses premières arrestations, "des bons éléments. Le reste se fera par la justice. On va se battre pour que ces mauvais gens soient derrière les barreaux. _Nous, on croit à la justice française_", affirme le père de la victime. 

Des voyages censés être interdits à cause du Covid-19

Mais il ne comprend pas en revanche, comment sa fille a pu passer les contrôles pour faire deux aller-retour Paris-Cayenne en pleine crise sanitaire, alors que, depuis le 31 janvier, il faut un motif impérieux pour se rendre dans les territoires d'Outre-Mer. "Les contrôles ont l’air un peu légers", déplore-t-il. "Ce n'est pas possible qu'ils ne contrôlent pas une métropolitaine qui va sur la Guyane". En revanche, l'administration a été bien plus pointilleuse sur le rapatriement du corps de leur fille, qui n'a pu se faire que ce samedi 27 mars, et qui a coûté plusieurs dizaines de milliers d'euros. Une cagnotte - toujours active - avait été mise en place pour aider la famille. 

Alors, les parents d'Alicia, ses deux sœurs, plus âgées qu'elle de 13 et 15 ans, "elle a eu trois mamans", vont se recueillir samedi prochain, dans une cérémonie à Saint-Louis de Montferrand. "C'est horrible ce qu'on vit", conclut Jacqueline Faye, des sanglots dans la voix. "Franchement, c'est abominable de perdre une fille, ma dernière fille que j'ai eue tard. On ne peut pas imaginer la douleur". 

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