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Dossier : Meurtre de Magali Blandin, de la disparition aux aveux du mari

Meurtre de Magali Blandin : de nouveaux détails sur le rôle joué par ses beaux-parents

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Par , France Bleu Armorique, France Bleu

La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Rennes s'est penchée ce jeudi 1er avril sur la demande de remise en liberté de Monique Gaillard, la belle-mère de Magali Blandin, tuée par son mari mi-février. Lors de cette audience, le rôle des beaux-parents s'est éclairci.

Portée disparue le 12 février 2021, Magali Blandin a été retrouvée morte le 19 mars.
Portée disparue le 12 février 2021, Magali Blandin a été retrouvée morte le 19 mars. - Gendarmerie Nationale

Elle est entrée tête baissée dans la salle d'audience, entourée de trois gardes, incapable de retenir ses larmes. Monique Gaillard, la belle-mère de Magali Blandin, tuée par son mari Jérôme a comparu ce jeudi 1er avril devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Rennes.

La mère de Jérôme Gaillard a demandé à sortir de prison. Depuis le samedi 20 mars et les révélations de son fils sur la mort de Magali Blandin, elle dort derrière les barreaux de la prison des femmes de Rennes. Observée par les parents et la sœur de la victime, présents dans la salle, Monique Gaillard n'a pas souhaité s'exprimer devant les juges. Elle a laissé son avocate, Gwendoline Tenier le faire pour elle.

Un don de 50.000 euros qui questionne

Depuis le début de sa mise en détention provisoire, l'avocate de Monique Gaillard minimise le rôle joué par sa cliente dans le meurtre de Magali Blandin. "Nous sommes loin du complot familial tel qu'il a été présenté par certains," a répété Gwendoline Tenier. "Oui ma cliente a pu mentir. Elle a expliqué avoir modifié la chronologie de certains faits car son fils lui a demandé de le faire. Elle craignait sa réaction."

Cette audience a permis d'en apprendre un peu plus sur ce qu'il s'est passé dans les semaines qui ont précédé la mort de la mère de famille de 42 ans. Les parents de Jérôme Gaillard auraient eu connaissance des intentions de leur fils aux alentours de Noël. Ce dernier aurait alors confié avoir payé des Géorgiens pour faire exécuter son épouse. Magali avait demandé le divorce. Une décision insupportable pour le père de famille. Il n'aurait pas accepté de la voir prendre son indépendance financière et partir avec une partie des biens du couple.

Quelques semaines plus tôt, Jérôme Gaillard aurait expliqué à ses parents qu'il avait besoin d'argent pour financer les frais de son divorce, acheter du matériel et subvenir à ses besoins. Jean et Monique Gaillard, ont versé 50.000 euros à leur fils. Une très grosse somme. Ils savaient qu'ils ne reverraient pas cet argent. "Quand Monique Gaillard accepte de faire ce prêt, elle ne sait pas qu'il peut servir à financer le meurtre de Magali Blandin," assure maître Tenier. 

Jean Gaillard dans la maison familiale le jour du meurtre

Après avoir versé 8.000 euros en fin d'année, Jérôme Gaillard effectuera deux autres virements vers la Roumanie, les 16 et 24 janvier. Leurs montants n'ont pas été communiqués lors de l'audience.

Il est aussi reproché aux parents de Jérôme Gaillard d'avoir fourni des alibis à leur fils. Le jour de la mort de Magali Blandin, Jérôme Gaillard aurait conduit son père chez lui et lui aurait alors demandé de passer des coups de téléphone et de se servir de son ordinateur pour simuler sa présence.

Au même moment, Monique Gaillard est en train de faire ses courses. Un ticket de caisse en atteste. Elle ira rechercher son mari à Montauban-de-Bretagne juste après. Les parents et leur fils se retrouvent pour le déjeuner. Magali est déjà morte. Elle a été tuée dans la matinée de deux coups de batte de baseball et son corps repose dans son appartement. 

Jérôme Gaillard ira la chercher dans la soirée pour l'enterrer dans la forêt.  "Jérôme Gaillard a demandé à ses parents de venir utiliser son ordinateur et son téléphone. Ils étaient ensemble à ce moment-là. Sa mère était donc au courant," soutient Maître Pineau, l'avocat de la famille Blandin.

Dans un premier temps, en garde à vue, Monique Gaillard a déclaré qu'elle savait dès la fin d'année que son fils avait l'intention de se débarrasser de son épouse. Puis elle a affirmé l'avoir découvert en même temps que l'arrivée des menaces des Géorgiens dans la boîte aux lettres du couple. 

Il est reproché à la grand-mère d'avoir gardé sous silence tout ce qu'elle savait. Jérôme Gaillard a passé près d'un mois chez ses parents après la disparition de Magali. "Elle a peur de Jérôme," confie Gwendoline Tenier lors de sa plaidoirie. "Elle vivra toute sa vie avec le poids de ne pas avoir dénoncé, mais elle est étrangère à la complicité de ce meurtre."  L'avocate rappelle que le code pénal prévoit une immunité pour les parents qui ne dénoncent pas un crime commis par leur propre fils. Si elle sort de prison, Monique Gaillard ira se réfugier dans un endroit tenu secret, loin de Montauban-de-Bretagne et de Saint-Méen-le-Grand. "Aucune pression ne peut désormais être exercée sur elle."

La chambre de l'instruction dira ce vendredi 2 avril si elle souhaite maintenir Monique Gaillard en détention provisoire. Jean Gaillard, lui reste en prison. Ses avocats n'ont pour le moment pas déposé de demande de remise en liberté.

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