Faits divers – Justice

Meurtre de Maxime, 14 ans: le procès s'ouvre ce lundi

Par Emilie Pou et Christophe Beck, France Bleu Belfort-Montbéliard lundi 16 juin 2014 à 6:00

Etouvans, lieu du crime de Maxime
Etouvans, lieu du crime de Maxime © Radio France - Christophe Beck

L’affaire avait suscité une vive émotion dans le Pays de Montbéliard et au-delà. Plus de deux ans après le meurtre de Maxime Roussel, 14 ans, dans un bois d’Etouvans, son meurtrier présumé comparait devant la cour d’assises des mineurs de Besançon à partir de ce lundi 16 juin.

Le suspect, un garçon de 17 ans au moment des faits, devra répondre de meurtre avec préméditation . Le jeune homme, enfermé dans un profond mutisme, reconnaît sa présence sur les lieux du crime ce soir du 10 janvier 2012 dans ce bois d'Etouvans, mais accuse deux inconnus. Maxime Roussel avait été poignardé avant que son corps ne soit partiellement incendié avec de l’essence. C'est la moto de Maxime qui avait conduit les enquêteurs jusqu'au suspect. La moto qui pourrait d’ailleurs être le mobile.

Enquête de longue haleine

Ce procès s’ouvre ce lundi après une longue enquête. Une cellule de sept gendarmes a travaillé en permanence pendant de long mois pour explorer toutes les pistes. Au final, l'instruction a retenu la préméditation , mais a écarté les complicités avancées par l'accusé. Ce que conteste formellement son avocat, maître Euvrard. Il conteste le mobile: "mon client allait avoir une moto, c'est une légende urbaine de dire que la moto est le mobile". il rappelle aussi que l'arme du crime, le couteau, n'a jamais été retrouvé.

Maitre Euvrard, avocat de l'accusé

"Je ne pardonnerai jamais"

Pour la famille de Maxime, c'est une nouvelle étape qui s'engage : celle du procès. Sa maman, Isabelle Roussel, a décidé de témoigner longuement au micro de France Bleu Belfort Montbéliard . Elle attend des réponses : « Je veux comprendre pourquoi il y a eu ce déchainement de violence. Il avait 14 ans. On brûle pas quelqu’un pour une moto ». Et elle ajoute : « La condamnation qu’il aura ne sera jamais égale à la nôtre. Il n’y aura pas de pardon. Ce n’est pas possible. Notre vie n’est plus une vie, c’est de la survie » .

 

Isabelle Roussel, maman de Maxime

Procès à huis-clos ?

Au programme de cette première journée d'audience, la constitution du jury, puis la présentation de l'affaire par le président. Le dossier fait près de 10.000 pages. Seize témoins ont été cités par l'accusation. Huit experts. La famille bataille pour obtenir la levée du huis clos (qui est le principe lorsque l'accusé est mineur). Cette levée est possible par dérogation sur demande du ministère public ou de l'accusé. Ce sont les trois magistrats professionnels qui statuent. Leur décision est sans appel.