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Faits divers – Justice

Le suspect du meurtre de Palavas avait été verbalisé par les gendarmes quelques minutes avant le crime

vendredi 21 juillet 2017 à 16:29 Par Salah Hamdaoui, France Bleu Hérault et France Bleu

L'homme soupçonné d'avoir poignardé à mort un retraité de Palavas-les-Flots (Hérault) mercredi soir avait été verbalisé par les gendarmes quelques minutes avant le crime au volant de sa fourgonnette. Il n'a toujours pas été entendu en raison de son état de santé mentale.

La scène de crime. Au 2, rue des Dunes
La scène de crime. Au 2, rue des Dunes © Maxppp -

Palavas-les-Flots, France

Dans les rues de Palavas, mercredi en début de soirée, les deux hommes se sont faits remarquer pour "leur comportement complètement décalé" selon Christophe Barret, le procureur de la République de Montpellier.

Habillés de manière extravagante, en short et cravate, maquillage autour des yeux imitant des lunettes, gros cigare à la bouche. Certains témoins évoquent des "hurluberlus habillés comme des clowns".

D'autres les ont vu déchirer des billets de banque en pleine rue, une liasse de 300 euros. Christophe Barret insiste : "Ils avaient un comportement étrange, inapproprié mais aucune agressivité. Ni physique, ni même verbale".

Il s'éloigne pendant les vérifications des gendarmes

Les deux compères, âgés de 22 ans, ont d'abord été repérés par des gendarmes en civil qui ont prévenu des collègues en patrouille. Ces derniers ont croisé leur route, tous deux étant au volant à bord d'une fourgonnette, à contresens dans une ruelle près de la plage.

C'est à ce titre que le conducteur est verbalisé par les gendarmes. Les militaires lancent alors une recherche dans les fichiers judiciaires d'infractions, qui s'est révélée négative, mais pendant la vérification, il s'éloigne un peu et va sonner au 2, rue des Dunes.

C'est sur ce pas de porte que Pierre-Alain Hazem, un retraité de 60 ans, s'effondre quelques minutes plus tard, tué de plusieurs coups de couteau. Son épouse a bien tenté de rattraper l'agresseur, en vain. Très choquée, elle est toujours hospitalisée et n'a donc pas pu être entendue.

Toujours pas de mobile

L'auteur des coups de couteau a été intercepté juste à côté, quasiment sur la plage par les gendarmes qui ont également saisi l'arme du crime.

"A ce stade de l'enquête, il n'y aucun lien de connaissance entre la victime et l'agresseur" précise Christophe Barret. En revanche, il connaît le propriétaire des lieux, qui n'habite pas sur place. Ce qui peut laisser penser qu'il n'est quand même pas venu là par hasard.

Le crime aurait-il pu être évité ?

A posteriori, on se dit que ce drame aurait peut-être pu être évité. Le simple fait de poser la question énerve le procureur de la République: "est-ce que les gendarmes sont doués de l'art de la divination? Les gens bizarres, tant qu'ils ne commettent pas d'infraction, ils restent des gens bizarres".

Il était impossible de prévoir ce qui allait se passer selon lui.

Certains témoins ont parlé d'hurluberlus qui avaient un accoutrement qui a été décrit comme un accoutrement de clowns mais il ne s'agissait pas de personnes qui cherchaient à amuser. Et donc les gendarmes les ont contrôlés, ils ont même pu, puisqu'ils avaient commis à leur vue une infraction au code de la route, ils ont pris un sens interdit, donc ils les ont verbalisés. Ils les ont passés au fichier et les gendarmes sont restés à proximité parce qu'ils trouvaient ce comportement étrange mais à aucun moment agressif, ni physiquement, ni même verbalement. Et puis on a des témoins, notamment des gendarmes, qui voient cet homme engager une conversation avec celui qui sera sa victime dans les instants qui suivent et à qui il va porter des coups de couteau mortels. Ça aurait pu être évité si on avait pu le deviner. Il y avait un comportement étrange mais qui n'était pas un comportement agressif

Des hurluberlus étranges mais pas agressifs

Troubles de la personnalité très importants

Le suspect, un habitant de Grabels, a été hospitalisé en psychiatrie peu de temps après son arrestation. Il présente des "troubles de la personnalités très importants". Il était dans un tel état d'agitation qu'il a fallu lui administrer un sédatif pour le maîtriser lors de son interpellation. Les enquêteurs n'ont pas pu l'entendre.

C'est un jeune homme qui ne travaillait pas, qui vivait chez sa mère jusqu'à ce qu'elle décède il y a quelques semaines. Sans antécédents judiciaire, ni psychiatrique, il est décrit comme quelqu'un de "très dépressif". Des analyses sanguines sont en cours pour savoir s'il avait bu, s'il s'était drogué, ou s'il prenait un traitement.

Son camarade, un Montpelliérain, a lui aussi été admis en psychiatrie à l'hôpital de la Colombière après quelques heures de garde à vue au cours de laquelle il tenait des propos totalement incohérents. Il est hors de cause dans cette affaire.