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Faits divers – Justice DOSSIER : L'affaire Sophie Lionnet

Meurtre de Sophie Lionnet : les déclarations de Ouissem Medouni

jeudi 19 avril 2018 à 20:11 Par Delphine Martin, France Bleu Auxerre et France Bleu

Depuis lundi 16 avril, la justice britannique entend l’un des deux employeurs accusés du meurtre de la jeune fille au pair originaire de Troyes (Aube), dont la maman habite à Paron (Yonne). Ouissem Medouni a décrit les derniers instants de la jeune femme, tout en minimisant son rôle.

La maman de Sophie Lionnet assiste à cette 5e semaine de procès.
La maman de Sophie Lionnet assiste à cette 5e semaine de procès. © AFP - Tolga AKMEN

Depuis lundi 16 avril, la parole est à Ouissem Medouni, devant la cour criminelle d’Old Bailey à Londres. Il est l’un des deux accusés du meurtre de Sophie Lionnet, 21 ans. Le corps carbonisé de la jeune femme a été retrouvé dans leur jardin en septembre dernier.

Tout au long de cette semaine, Ouissem Medouni a parlé de lui et de ses amours tumultueuses avec Sabrina Kouider. Il a aussi décrit les derniers instants de Sophie Lionnet, les violences et les pressions que la jeune victime a subies avant de succomber, tout en niant avoir causé sa mort.

Lundi : dans l’engrenage d’une relation amoureuse toxique

Ouissem Medouni décrit sa relation tumultueuse avec sa compagne et co-accusée Sabrina Kouider. Il raconte leur rencontre. C'était en 2001 à une fête foraine. Il avait obtenu son numéro de téléphone par un ami commun. "Elle était très, très belle. Moi, j'étais un peu timide", dit-il.  

Ouissem Medouni et Sabrina Kouider entament une relation qui durera jusqu'à leur arrestation. Une histoire d'amour entrecoupée de plusieurs ruptures, en raison d'aventures amoureuses de Sabrina Kouider. Elle a eu deux enfants avec deux autres hommes, dont Mark Walton, fondateur irlandais du boys band Boyzone en 1993. Malgré tout, Ouissem Medouni revient toujours vers elle. "Je l'aime toujours" dit-il au tribunal.

Cet homme de 40 ans, qui a été analyste financier à Paris et à Londres, avant de perdre son emploi, raconte que c’est elle, Sabrina Kouider, qui dominait la relation. Il décrit une femme instable, qui a fait plusieurs tentatives de suicide et qui pouvait avoir "des hauts et des bas en l'espace de quelques secondes".

Mardi : il affirme que Sophie a été frappée avant sa mort

Au cours de la seconde journée de son audition, Ouissem Medouni a raconté avoir été le témoin des violences que sa compagne Sabrina Kouider infligeait à la victime. 

C’était peut-être le mercredi 13 septembre. Il dormait quand il a été réveillé par des cris de Sophie : "elle était assise dans un coin de la cuisine et Sabrina la frappait avec un câble électrique", explique-t-il, comme le rapporte l'AFP. 

Il raconte ensuite qu’il a stoppé sa compagne, la qualifiant de « folle » et qu’il a conduit Sophie Lionnet jusqu’à la chambre des enfants, où elle avait son lit. "Elle n'allait pas bien" dit-il.

Le lendemain, il pense que sa compagne est calmée et sort prendre un café dans un parc tout proche. Mais il reçoit un coup de fil de Sabrina Kouider, paniquée et en pleurs. "J'ai couru aussi vite que je pouvais parce que je pensais au pire, qu'elle était morte", dit-il à l'audience.

A son arrivée dans l'appartement, la jeune fille est allongée sur le dos en sous-vêtements, dans une baignoire remplie d'eau. Consciente et les yeux ouverts, elle a de gros bleus sur les jambes, les bras et la poitrine. Elle marche avec difficulté quand il la sortent du bain.

Pourtant, l'accusé n'appelle pas le médecin car il a peur que sa compagne ne perde la garde des enfants. "Quand j'y repense, c'est là que j'aurais vraiment dû faire quelque chose", a-t-il concédé, toujours selon l'AFP.   

Les interrogatoires reprennent le dimanche 17 septembre. Trois jours plus tard, le 20 septembre, les pompiers retrouvent le cadavre carbonisé de Sophie Lionnet dans le jardin.

Mercredi : le récit glaçant des dernières heures de Sophie

Ouissem Medouni a raconté mercredi les derniers moments de Sophie. La jeune fille au pair est morte, selon lui, dans la nuit du 18 au 19 septembre, après un interrogatoire partiellement filmé, qu'il a mené avec sa compagne et co-accusée Sabrina Kouider. 

Il dit qu’après avoir tenté de lui extorquer des aveux, il est allé se coucher, avec l’intention de montrer l’enregistrement à la police, mais que sa compagne a continué à questionner leur employée.

"Sabrina m'a réveillé, probablement vers 01H30. Elle disait que Sophie ne respirait pas", raconte-t-il au tribunal. La victime était allongée dans la baignoire pleine d'eau, vêtue d'un pyjama rose. Ses yeux étaient ouverts, mais elle était silencieuse et immobile. 

L'accusé l'a sortie du bain, allongée dans le salon pour tenter de la réanimer. En vain. "Je pensais que je pouvais la ressusciter", déclare-t-il, sans regarder la maman de Sophie, Catherine Devallonné, très émue. 

Si ni Ouissem Medouni ni Sabrina Kouider n'ont appelé les secours ou la police, c'était pour protéger les enfants, dit-il, avant de décrire ses gestes avec précision : "je l'ai enveloppée dans un drap blanc et mise sur le lit superposé, dans la chambre des enfants où Sophie dormait habituellement". Mais il se ravise et, de crainte que les enfants ne la découvrent, décide finalement de la mettre dans une valise. 

Il affirme que c'est Sabrina Kouider qui, le surlendemain, le mercredi 20 septembre, une fois les enfants à l'école, insiste pour que le corps soit brûlé dans leur jardin. "Je lui ai dit c'est fou, je ne ferai jamais ça", explique-t-il devant la justice. Mais il a fini par céder.

Jeudi : il se défend d’avoir joué un rôle déterminant dans les événements

Au quatrième jour de son audition devant la cour d’Old Bailey, jeudi, Ouissem Medouni s’est défendu d’avoir frappé la jeune fille au pair. _"_Je n'ai jamais, jamais, jamais touché ou battu Sophie", déclare le Français, comme le rapporte l'AFP.

"J'ai parfois élevé la voix", concède-t-il, en reconnaissant lui avoir peut-être fait peur ou l'avoir intimidée en la questionnant. "_Mais elle était plus effrayée par Sabrina"_, assure-t-il.

Medouni le reconnait : il y avait beaucoup de disputes dans le foyer, "mais c'est elle qui les commençait", dit-il, la qualifiant même de "paranoïaque". 

Il explique que parfois, il avait besoin de sortir, de marcher, mais il jure que ses absences du domicile étaient ponctuelles : _"_en raison de la pression dans cette maison de fous, j'avais besoin d'une pause. C'est assez difficile d'aimer une femme folle"

vendredi : Il accuse Sabrina Kouider d'avoir tué Sophie 

Ouissem Médouni  accuse sa compagne d'avoir tué Sophie Lionnet en plongeant sa tête dans l'eau de leur baignoire.   "C'est toi qui l'as fait ! Tu as mis sa tête dans l'eau !", affirme Médouni  parlant à Sabrina Kouider.  "C'est une femme très forte,vous savez, elle en est capable"  .  Si Ouissem Medouni a reconnu dans un premier temps avoir tué Sophie Lionnet par accident,c'était pour "protéger sa famille",dit-il  à la demande de Sabrina Kouider.  Médouni confesse qu'il est responsable de ce qui s'est passé parce qu'il aurait pu l'arrêter. " C'était la plus grosse erreur de ma vie"   "Il y a beaucoup de très mauvaises décisions, n'est-ce pas ?" souligne le procureur dans un contre-interrogatoire. Votre implication va beaucoup plus loin", lui a-t-il dit, estimant que Sophie Lionnet avait notamment été empêchée de rentrer chez elle faute d'avoir été payée par ses employeurs.   Ouissem Medouni admet: "J'aurais dû la protéger davantage"

Mardi 24 Avril

Ouissem Médouni a justifié les interrogatoires musclés endurés par la jeune fille par ce qu'il pensait qu'elle complotait , menaçant sa sécurité et celle de sa famille.  "J'étais parfois insistant","Je voulais savoir la vérité".  Poussé par le procureur , il reconnaît du bout des lèvres avoir menacé Sophie Lionnet en la questionnant, allant jusqu'à lui faire croire qu'elle ne pourrait pas retourner en France tant qu'elle n'avouerait pas ...ou qu'elle passerait le restant de sa vie en prison, ...où elle serait violée.  ...  "J'avais à l'esprit l'histoire selon laquelle Sophie emmenait (un des garçons) auprès d'un pédophile".     Amaigrie et affaiblie, sous une intense pression, la jeune fille avait fini par "avouer" peu avant sa mort, fournissant même "des détails" assure Médouni   "Parfois les mots que j'ai utilisés étaient horribles et je le regrette.  .. Depuis le début de son audition Médouni reconnait la violence de ses propos.,mais jamais d'être passé à l'acte ..

Le procès doit se poursuivre jusqu'au 11 mai. On attend mercredi 25 avril l'audition de Sabrina Kouider.