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Faits divers - Justice

Meurtres à la préfecture de police de Paris : "on ne travaille plus en sécurité"

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Par , France Bleu Bourgogne

Au lendemain de l'agression qui a fait quatre morts à la préfecture de police de Paris, dans quel état d'esprit se trouvent les policiers de France et de Côte-d'Or ? On pose la question à Stéphane Ragonneau, le secrétaire régional du syndicat Alliance police nationale.

Stéphane Ragonneau, secrétaire régional du syndicat Alliance Police nationale
Stéphane Ragonneau, secrétaire régional du syndicat Alliance Police nationale © Radio France - Arnaud Racapé

L'incompréhension et le choc encore ce matin, après le coup de folie meurtrier d'un agent de la préfecture de police de Paris. Un homme de 45 ans, sans histoire, a tué quatre de ses collègues fonctionnaires, trois policiers et un agent administratif, avant d'être lui-même abattu. Sa femme, placée en garde à vue dès jeudi soir, aurait indiqué aux enquêteurs que son mari avait eu des visions et entendu des voix la nuit précédent son geste. Quoi qu'il en soit, c'est encore l'émotion qui domine dans le discours de Stéphane Ragonneau :

La "famille" police sous le choc

"Tout d'abord en tant que policier et syndicaliste, je pense à la famille de mes collègues qui ont été lâchement assassinés. En ce qui concerne l'enquête, elle débute, il faut se laisser du temps, de vraiment analyser ce qui s'est passé, et je fais confiance aux enquêteurs sur le sujet. La police, c'est une grande famille, on vit souvent en vas clos, on vit entre nous, on parole entre nous, on se voit en dehors du boulot entre nous, et forcément y'a de l'émotion ce matin. A Dijon, au commissariat, nous allons tous nous réunir, comme à chaque fois qu'un collègue se fait tuer."

"Il n'y a pas de lieu d'attaque improbable"

L'attaque s'est déroulée dans l'antre de la police parisienne, dans des locaux que l'on imagine extrêmement sécurisés. Stéphane Ragonneau confirme : "tout le monde est fouillé, même les policiers, il y a des badges, on ne passe pas les portes impunément parce qu'on est policier. mais vous savez aujourd'hui, je crois qu'il n'y a pas de lieu improbable. Le renseignement territorial travaille énormément sur le sujet, on pourra toujours être surpris par une attaque. Les policiers ne sont pas des super-héros."

Alors les policiers côte-d'oriens, bourguignons-franc-comtois, se sentent-il en sécurité dans les commissariats de la région ? "Oui, nous sommes en sécurité. Ce n'est pas ça le souci. Déjà au niveau matériel, c'est désastreux, par endroits. Mais c'est surtout au niveau des effectifs : les policiers se sentent seuls. Il y a vingt-cinq ou trente ans, il y avait six policiers dans un car police-secours, aujourd'hui il y en a deux. Aujourd'hui, on passe des journées en barque, sans moteur, et on rame. on ne travaille plus en sécurité."

Colère profonde

Cette attaque a lieu au lendemain d'un grand rassemblement national des policiers, pour crier leur colère face à des conditions de travail devenues insupportables. 27.000 agents ont défilé ce mardi à Paris. Et faute d'avoir été entendus, ils comptent bien remettre le couvert : "On y compte bien : d'autres actions plus dures, plus localisées. On veut aller au-delà du ministre de l'intérieur, on veut aller voir le président, s'il le faut. Tout est remis en cause chez nous : nos retraites, notre façon d'agir, systématiquement nous sommes remis en cause, ce n'est plus possible. Il y a une grosse colère, et à Dijon c'est palpable. A l'instar de nos amis infirmiers, on va faire des journées commissariats morts. Ce sera très prochainement, vous allez voir. Christophe Castaner ? Lui il a des mots, c'est un politicien, c'est bien. Nous, on veut des actes."

  - Visactu
© Visactu -
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