Faits divers – Justice

Michèle Delaunay citée comme témoin au procès Bonnemaison

France Bleu Gironde mercredi 11 juin 2014 à 7:30

Michèle Delaunay
Michèle Delaunay © Maxppp

L'ancienne ministre déléguée aux Personnes âgées est appelée à témoigner au procès du docteur Nicolas Bonnemaison, qui ouvre ce mercredi. Le médecin est poursuivi pour avoir aidé sept patients en fin de vie à mourir. La députée bordelaise veut en profiter pour parler de la prise en charge des personnes très âgées en fin de vie.

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Elle est l'un des nombreux témoins qui se succèderont à la barre durant les 13 jours d'audience : Michèle Delaunay sera entendue le vendredi 20 juin par la Cour d'assises des Pyrénées Atlantiques, qui juge à partir de ce mercredi le docteur Nicolas Bonnemaison. L'ex-urgentiste de Bayonne est poursuivi pour empoisonnement. Il est accusé d'avoir abrégé la vie de sept patients âgés, et risque selon le Code Pénal jusqu'à la réclusion criminuelle à perpetuité.

L'ancienne ministre déléguée aux personnes âgées et à l'autonomie a déjà averti qu'elle n'aborderait pas le fond de l'affaire.

"Je ne connais pas personnellement Monsieur Bonnemaison, et en l'état, je ne connais pas suffisamment le dossier". — Michèle Delaunay

La députée socialiste de Bordeaux, qui était cancérologue au CHU Pellegrin, entend au contraire évoquer la prise en charge des personnes très âgées en fin de vie.

"Ces grands âgés ne sont pas suffisamment accompagnés. 90 000 français meurent en maison de retraite, et 25% d'entre eux sont envoyés aux urgences dans les dernières heures. Et là, il y a un vrai problème."

Pour Michèle Delaunay, qui connaît bien ces dossiers pour s'en être occupé pendant deux ans dans son ministère, les pouvoirs publics doivent trouver des solutions pour améliorer cette prise en charge.

"Pourquoi déraciner quelqu'un au lieu de l'accompagner, de lui tenir la main et lui donner des médicaments pour atténuer ses souffrances, pourquoi l'envoyer brutalement aux urgences ?"

L'élue bordelaise entend bien poser ces questions lorsqu'elle sera entendue par la Cour d'assises de Pau.

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"Je n'aborderai pas le fond du dossier, mais je parlerai de la fin de vie des grands âgés"