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Faits divers – Justice

Militaires charentais tués en Côte d'Ivoire : 20 ans de réclusion pour l'accusé en fuite

vendredi 11 mai 2018 à 18:48 Par Pierre Marsat et François Petitdemange, France Bleu La Rochelle

La Cour d'assises de Paris a condamné l'un des auteurs de la fusillade qui avait coûté la vie à deux militaires charentais, en août 2003, en Côte d'Ivoire. Condamnation à 20 ans de réclusion criminelle, et en son absence. L'autre meurtrier est décédé depuis.

Un détachement de militaires français en Côte d'Ivoire
Un détachement de militaires français en Côte d'Ivoire © Maxppp - Sébastien Nogier

Angoulême, France

Le 25 Août 2003, un escadron du régiment d'Angoulême, le 1er RIMA, sous mandat de l'ONU dans le cadre de l'opération Licorne, patrouille sur les berges du Lac Kossou, en Côte d'Ivoire, dans la région de Yamoussoukro. Il surveille ce qu'on appelle "la zone de confiance", une zone-tampon entre les forces loyalistes et les rebelles, alors en guerre. 

Pendant près de deux heures, il affronte à distance une quinzaine de soldats rebelles, sans doute alcoolisés et drogués, qui les mettent en joue. Tout bascule quand le chef du peloton charentais est blessé par un coup de machette. Les rebelles ouvrent le feu. Les "marsouins" (infanterie de marine) ripostent. Le caporal Mickaël Dupré  du 1er RIMA et le brigadier-chef Fabien Rivière du 515ème Régiment du Train de la Braconne, s'effondrent. L'un est touché à la tête, l'autre décédera lors de son transport en hélicoptère.

Les doutes balayés à l'audience

Les meutriers des deux militaires charentais sont arrêtés trois jours plus tard. Ces rebelles sont formellement identifiés par les soldats du 1er RIMA. Ils sont remis aux autorités ivoiriennes, inculpés de meurtres et tentatives de meurtres par bande armée. L'un des deux est décédé en 2007 ; l'action de la justice s'est éteinte. Le second s'est évadé en 2011. Un mandat d'arrêt international a été lancé contre lui. Un non lieu a été prononcé en 2014. Mais l'avocat angoumoisin des parties civiles, Maître Béthune de Moro, a fait appel, et le Parquet général de la cour d'assises de Paris a renvoyé l'affaire sur un juge d'instruction. 

C'est seulement en juin 2017 qu'une ordonnance de mise en accusation a été délivrée contre le meurtrier en cavale, qui a été jugé par défaut criminel ce mercredi et ce vendredi. Il a donc été condamné à 20 ans de réclusion criminelle, conformément aux réquisitions de l'avocat général, Philippe Courroye. Un nouveau mandat d'arrêt a été lancé à son encontre.

L'un des avocats des parties civiles, l'Angoumoisin Jean-François Changeur, se dit soulagé pour ses clients. "Il y a eu des réponses apportées aux questions" des parties civiles, constate-t-il, grâce à la lecture de certains documents et aux questions posées aux responsables de l'époque. Il a notamment été établit que ce ne sont pas des soldats français qui ont tiré par erreur sur leurs camarades : ces doutes sur les circonstances du drame "ont été balayés", assure l'avocat.