Faits divers – Justice

Mis et Thiennot : la commission de révision rend son avis ce lundi

Par Gaëlle Fontenit, France Bleu Berry lundi 16 mars 2015 à 5:00

Soixante-huit ans après la condamnation de Raymond Mis et Gabriel Thiennot, deux jeunes chasseurs accusés de l'assassinat d'un garde chasse en 1946 en Brenne, la commission de révision va rendre son avis. Elle a été saisie par le comité de soutien Mis et Thiennot qui milite pour que soit reconnue l'innocence des deux jeunes hommes, condamnés sur la base d'aveux extorqués sous la torture

L'affaire n'en finit pas de faire parler en Brenne . Et pourtant, c'était il y a 68 ans. En 1946, un garde chasse, Louis Boistard , est retrouvé mort à Mézières-en-Brenne. Le commissaire Darraud mène l'enquête : il fait arrêter huit jeunes chasseurs. Débute alors un véritable calvaire pour les jeunes gens, torturés pendant huit jours.Deux d'entre eux, Raymond Mis et Gabriel Thiennot , avouent sous les coups. Ils sont condamnés à 15 ans de travaux forcés, avant d'être graciés par le président Coty en 1954. Mis et Thiennot sont aujourd'hui morts mais ils n'ont eu de cesse de clamer leur innocence. 

Une personnalité trouble

Un comité de soutien se bat depuis des décennies pour obtenir la révision du procès. Pour la sixième fois, il a déposé une requête auprès de la commission de révision des condamnations pénales . L'avocat du comité, maître Jean Pierre Mignard, appuie sa requête sur de nouveaux éléments concernant la personnalité du commissaire qui a mené l'enquête : d'après maître Mignard, Gerges Daraud a des liens de proximité avec le régime de Vichy. L'avocat du comité dénonce "Les options idéologiques fascisantes et xénophobes du commissaire ". Une nouvelle lecture de l'affaire, replacée dans un contexte difficile, celui de l'immédiat après-guerre, dans un climat de vengeance lancinant. Une personnalité trouble "à rapprocher des sympathies communistes de monsieur Gabriel Thiennot et de l’origine polonaise de monsieur Raymond Mis " écrit maître Mignard dans sa demande de révision.

La commission doit rendre son avis à 13h30 ce lundi. Elle peut soit décider de rouvrir le procès, soit demander un complément d'enquête, voire encore de rejeter la demande. Depuis 1945, seuls neuf procès ont été révisés. 

Faire changer la loi

Au-delà de la décision, maître Mignard et le comité de soutien espèrent faire évoluer la loi. Aujourd'hui, pour qu'une affaire soit révisée, la loi n'envisage que deux cas : soit il existe des éléments nouveaux pouvant permettre de démontrer l'innocence du condamné, soit il existe un doute sur la culpabilité du condamné. Le comité voudrait introduire un troisième cas : lorsque la condamnation repose sur des aveux extorqués sous la torture. "Cela permettrait de faire évoluer la loi internationale. Ce serait un bon message de droit et de démocratie envoyée par la France au reste du monde " estime Jea- Pierre Mignard. 

 

 

 

Mis et Thiennot , Jean Pierre Mignard

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