Faits divers – Justice

Monsif Ghabbour ne sera pas jugé pour le braquage du casino d'Uriage en juillet 2010

Par Véronique Saviuc, France Bleu Isère lundi 16 mars 2015 à 18:19

Palais de Justice de Grenoble
Palais de Justice de Grenoble © Radio France

Dans ce braquage, le principal auteur Karim Boudouda avait été tué par la police au terme d'une course-poursuite qui s'était terminé dans le quartier de la Villeneuve à Grenoble. Sa mort avait déclenché plusieurs nuits d'émeutes et attiré l'attention de la France entière sur le quartier. Faute de preuve contre le deuxième suspect, le juge d'instruction vient de prononcer un non-lieu.

Monsif Ghabbour ne sera pas jugé. Le juge d'instruction vient de rendre un non-lieu dans cette affaire. Il a suivi le réquisitoire du Procureur de la République de Grenoble. Jean-Yves Coquillat  estimait cet été qu'on ne renvoie pas un homme devant les Assises pour une trace d'ADN dans une voiture.

"On ne renvoie pas un homme devant les Assises pour une trace d'ADN dans une voiture"

Cet ADN  figurait dans la voiture qui a servi au braquage d'Uriage le 16 juillet 2010 et dans laquelle deux malfaiteurs avaient pris la fuite en tirant sur le véhicule des policiers de la BAC qui les suivaient. La course-poursuite s'est terminée au pied d'un immeuble de la Villeneuve à Grenoble par la mort d'un des malfaiteurs, Karim Boudouda, abattu par les forces de l'ordre.

La police voyait en Monsil Ghabbour le deuxième homme du braquage. il a été arrêté fin juillet 2010 et écroué une première fois pour vol à main armée et tentative d'homicide. Mais son avocat, Maître Denis Dreyfus, avait plaidé la fragilité des charges et obtenu sa remise en liberté devant la Chambre de l'Instruction de la Cour d'Appel de Grenoble.

L'affaire avait fait grand bruit un mois après les émeutes du quartier de la Villeneuve et  le "discours de Grenoble" de Nicolas Sarkozy, alors Président de la République, qui réclamait une enquête rapide. Arrêté de nouveau en décembre 2010, Monsif Ghabbour avait retrouvé la liberté en juillet 2012, toujours en raison du manque de preuve. Maître Dreyfus est aujourd'hui soulagé pour son client qui est père de deux enfants et a retrouvé un travail

non lieu ghabbour/ son 2 DREYFUS

 

La pression politique a sûrement empêché la police de mener une enquête sereine

Certains, dans les milieux judiciaires, estiment que les interventions politiques au plus haut-niveau ont empêché la police grenoblloise de mener l'enquête sereine et minutieuse qui aurait pu aboutir au renvoi du "deuxième homme" du braquage d'Uriage devant la Justice. 

Monsif Ghabbour ne sera pas jugé pour le braquage du casino d'Uriage en juillet 2010. (Véronique Pueyo)

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