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Montélimar : deux ans de prison requis contre un gynécologue qui a failli tuer une patiente

Un gynécologue devait s'expliquer ce jeudi 6 mai devant le tribunal correctionnel de Valence. Il y a trois ans, lors d'une intervention, il a gravement blessé une patiente à l'hôpital de Montélimar (Drôme). La procureure a requis deux ans de prison et une interdiction définitive d'exercer en France.

Véronique Scheins et son avocate Sophie Jonquet.
Véronique Scheins et son avocate Sophie Jonquet. © Radio France - Mélanie Tournadre

Ce gynécologue obstétricien allemand devait s'expliquer pour blessures involontaires avec ITT de plus de trois mois. En mai 2018, ce praticien effectue un CDD d'un mois (du 3 au 31 mai) à l'hôpital de Montélimar (Drôme). Le 30 mai 2018, il décide de pratiquer une intervention sur une patiente, une habitante de Saulce-sur-Rhône alors âgée de 54 ans. 

Elle présente des saignements anormaux et il réalise alors une hystéroscopie pour voir si elle a un fibrome et l'enlever si nécessaire. Sauf que l'intervention tourne à la catastrophe, l'obstétricien perfore l'utérus de la patiente, l'artère fémorale est touchée. Le pronostic vital de Véronique Scheins est alors engagé, elle a subi une hémorragie massive.

AUDIO - Véronoique Scheins explique les séquelles lourdes de cette intervention.

La Drômoise ne souhaite pas au départ cette intervention mais une secrétaire arrive à la convaincre au téléphone au dernier moment. On lui explique que c'est une intervention banale et qu'elle ressortira de l'hôpital dans la journée. Sauf qu'elle conserve aujourd'hui des séquelles extrêmement graves de cette intervention. En fauteuil roulant, elle explique à l'audience être obligée de porter un corset en permanence après de multiples opérations, ne pas pouvoir marcher sans aide.

Pour l'avocate de la patiente : "cette affaire fait froid dans le dos". Dans sa plaidoirie, Sophie Jonquet n'y va pas par quatre chemins : "_on dirait qu'elle a été attaquée par Jack l'Éventreur_. D'après les experts, quasiment tout est déchiqueté, c'est du jamais vu."

"C'est terrible, on brise une vie et en plus on minimise, on ne reconnaît pas vraiment, on s'excuse à peine" - Sophie Jonquet

À la barre, le gynécologue se tourne rapidement vers Véronique Scheins : "je voudrais m'excuser pour toute cette douleur infligée à mon ancienne patiente". Ce sont les seuls mots qu'il prononcera à son attention. Impassible, il ne manifeste aucun signe d'empathie pendant les cinq heures d'audience. Il ne reconnaît pas vraiment être responsable de l'ensemble des dégâts causés ce 30 mai 2018. "Je soupçonnais une autre pathologie, je ne voyais pas l'hémorragie, c'est pour ça que je n'ai pas arrêté tout de suite l'intervention" explique l'obstétricien allemand. Ses propos sont très confus, ses explications à peine audibles, il parle très mal français.

"Il minimise encore aujourd'hui son rôle, il parle de cinq secondes ;  les autres collègues présents dans le bloc opératoire disent qu'il a continué pendant six minutes alors qu'il était dans la cavité abdominale et pas dans l'utérus" assure la procureure. "Il dit que la patiente a perdu un litre de sang, alors que les autres praticiens sur place parlent de 2,5 à 5 litres de sang. Il doit être déclaré coupable, il a ruiné sa vie."

"Il a reconnu les faits mais ce n'est pas assez ? Ce ne sera jamais assez !" plaide l'avocat du gynécologue, maître Ronald Gallo. "Ce sont des blessures involontaires ; l'incompétence n'a jamais justifié une incarcération." La procureure a requis deux ans de prison avec mandat de dépôt différé et l'interdiction définitive d'exercer la profession de médecin en France. Le jugement a été mis en délibéré, il sera rendu le 3 juin prochain.

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