Faits divers – Justice

Quatre ans ferme pour le chauffard de l'accident mortel de Montesquieu-des-Albères

Par Valentine Letesse, France Bleu Roussillon mercredi 5 octobre 2016 à 11:18

Palais de justice de Perpignan (illustration)
Palais de justice de Perpignan (illustration) © Radio France - Maxppp

Il y a un an sur la route d'Argelès (Pyrénées-Orientales), une voiture a percuté deux jeunes vacanciers sur le bord de la départementale 618. L'un est mort. Le tribunal de Perpignan jugeait mardi les trois hommes à bord de la voiture qui avait pris la fuite.

Le procès au tribunal de Perpignan était très attendu depuis cet accident dramatique il y a un an. Le 7 septembre 2015, deux jeunes hommes en vacances, originaires du nord de la France, sont percutés sur la RD618 à Montesquieu-des-Albères par une voiture. Les vacanciers sont projetés à une trentaine de mètres.

Mais la voiture ne s’arrête pas. Le chauffard prend la fuite.

Le premier vacancier, âgé de 28 ans, est mort presque sur le coup. Le second, grièvement blessé, sera amputé d'une jambe.

Drogue, alcool et prostitués

Le chauffard de 33 ans, incarcéré depuis 13 mois, est le seul présent au procès. T-shirt blanc de grande marque, mains dans le dos, le trentenaire a l'air tendre. Mais plus les questions le dérangent, plus il bafouille, plus il s'agite. Presque agressif face à l'avocate de l'une des victimes. Cet homme au lourd casier judiciaire commence à montrer son vrai visage.

Il revenait en fait d'une virée en Espagne avec deux amis. À la Jonquère, ils avaient acheté de la cocaïne, du cannabis et s'étaient offert les services de prostitués. Mais il se défend : "Je me suis rangé, j'ai payé ma dette". Sur le banc des accusés, le prévenu poursuit : "J'ai une femme et deux enfants". En réalité il en a trois.

"Une attitude à vomir." Me Bethune, avocate des parties civiles.

Son attitude est qualifiée par la procureur et par les avocats des parties civiles de "scandaleuse", "à vomir".

C'est au cours de son audition par la juge qu'il avoue enfin, sans s'en rendre compte, qu'il avait fumé un joint avant de prendre le volant d'une voiture non assurée et sans permis de conduire.

D'après son avocat, c'est la peur de retourner en prison qui l'a conduit à s'enfuir et à se cacher. Le chauffard enchaîne les excuses à son comportement pour se dédouaner : "Je suis suivi par un psy tellement je m'en veux." Réponse du juge : "La victime, elle, a été suivie par un médecin légiste."

Une lourde condamnation

Jugé pour homicide et blessures involontaires, délit de fuite et conduite sans permis, l'accusé a été condamné à cinq ans de prison dont un an avec sursis, une interdiction de conduire pendant cinq ans et 50.000 euros de provisions pour Alexandre, la victime amputée.

Un jugement "satisfaisant" pour la maman d'Alexandre. C'était "très éprouvant pour mon fils de voir de face la personne qui l'a fauchée. Maintenant, il va pouvoir commencer à se reconstruire".

La maman d'Alexandre est satisfaite du jugement.

Les deux autres jeunes de 20 et 23 ans à bord de la voiture et absents lors du procès, ont été condamné à 15 et 18 mois de prison pour non-assistance à personne en danger. Même si pour l'instant, ces deux hommes sont introuvables.

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