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Mort d'un bébé secoué à Caen en 2016 : 20 ans requis contre le père, 2 ans contre la mère

20 ans de réclusion criminelle requis à l'encontre du père pour coups mortels, deux ans dont un avec sursis contre la mère pour non assistance à personne en danger. Les deux âgés de 28 ans sont jugés pour la mort de leur bébé en 2016 à Caen. Verdict attendu dans la soirée.

Les réquisitions ont été prononcées par l'avocat général à la cour d'assises du Calvados où est jugé depuis mercredi un couple pour la mort d'un bébé en 2016.
Les réquisitions ont été prononcées par l'avocat général à la cour d'assises du Calvados où est jugé depuis mercredi un couple pour la mort d'un bébé en 2016. © Radio France - Nolwenn Le Jeune

"Cet enfant a souffert le martyre". Reprenant l'expertise anatomopathologique, l'avocat général détaille les multiples lésions relevées sur le corps du bébé. Hématomes dans le cerveau, hémorragies rétiniennes, 17 cotes cassées sur 24, lésion de la moelle épinière. Un tableau glaçant des souffrances endurées par ce bébé âgé d'à peine deux mois.  "Les 15 derniers jours de sa vie ont été un calvaire". Et ces violences ont été infligées par un père, "jaloux de l'attention que sa compagne porte au bébé et qui ne supporte pas les pleurs". Cet enfant est victime du syndrome du bébé secoué

"Il faut envoyer un signal fort à l'accusé", selon l'avocat général

Et malgré ses dénégations, ce père violent l'a aussi été avec le premier enfant du couple, aujourd'hui âgé de six ans, poursuit l'avocat général. Quand ce nourrisson est placé à l'âge de trois mois, il arrive à la pouponnière avec des symptômes alarmants. "Le bébé semble inquiet et tendu, les poings fermés, hypotonique, sa tête est disproportionnée par rapport à on corps". Il a lui aussi les symptômes du bébé secoué. "Il faut envoyer un signal fort à l'accusé" demande l'avocat général aux jurés. Il requiert 20 ans de réclusion criminelle (10 ans de moins que la peine encourue), "le temps passé en détention devra lui permettre de réfléchir et de travailler sur son impulsivité et sa violence". Il requiert également la déchéance de l'autorité parentale. 

La mère savait et n'a rien fait pour empêcher la mort

Quant à la mère, "elle savait" selon l'avocat général. Elle se méfiait de son compagnon et en  avait peur, rappelant la condamnation pour violences conjugales. "Elle s'arrange avec la vérité", peut être pour se protéger au regard d'une enfance difficile, violée par son père et son beau père. "Sa première phrase dans cette salle d'audience, rappelle-t-il, était de dire que sa mère à elle n'avait pas vu, pas voulu savoir. Nous sommes dans la pleine reproduction de cela". Le père a interdiction de la justice de voir la mère, mais elle lui laisse le bébé en garde, "alors que l'appartement est sale, squatté, et qu'on y retrouvera sept armes". Elle aurait pu empêcher la mort et ne l'a pas fait. Il requiert pour non dénonciation de maltraitance et non assistance en personne en danger deux ans de prison dont 12 mois avec sursis. 

Le témoignage bouleversant de la grand mère

Un peu plus tôt, la mère de l'accusé, grand mère des enfants, a pris la parole. Rappelant le petit garçon craintif qu'elle et son mari avaient adopté à l'âge de trois mois. "Il avait un si beau sourire". Mais les violences subies pendant ses trois premières années de vie ont laissé des traces. "Le mal était fait". Elle parle de son deuxième petit fils qu'elle n'a connu qu'après sa mort à l'hôpital. Et son premier petit fils, aujourd'hui âgé de six ans, qui au début voulait aller au cimetière chercher son petit frère sous la terre. "Il a besoin d'une vie calme et sereine, de personnes pour l'aimer et le choyer". A son fils "je t'aime, je t'aimerai toujours, mais chacun doit aujourd'hui faire sa vie".

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