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Procès du "bahutage" de Saint-Cyr : " un homme est mort parce que j'ai manqué de force morale"

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Par , France Bleu Armorique, France Bleu Breizh Izel

A Rennes, au deuxième jour du procès de sept militaires jugés après la mort d'un élève de Saint-Cyr Coëtquidan, l'un des cinq anciens élèves de deuxième année, a reconnu sa responsabilité pénale. Il est le seul qui ne plaidera pas la relaxe.

Huit ans après la mort de Jallal Hami, sept militaires sont jugés à Rennes pour "homicide involontaire"
Huit ans après la mort de Jallal Hami, sept militaires sont jugés à Rennes pour "homicide involontaire" © Radio France - Céline Guétaz

« J’assume mes actes » lance le jeune homme devant le tribunal correctionnel de Rennes qui juge depuis lundi 23 novembre sept militaires pour homicide involontaire. Le militaire, aujourd'hui capitaine, commandant d'un régiment d'infanterie, est rapidement submergé par l'émotion. En sanglot, il indique qu'il vient chercher une "forme de rédemption" devant le tribunal. A l'époque des faits, le militaire chapeaute ses camarades de deuxième année qui l'ont élu pour les représenter auprès de toutes les instances. Interrogé sur les faits, le soir du 29 octobre 2012, il raconte qu'il a dû lui-même "aller dans l'eau pour aider ceux qui étaient en difficultés". 

"J'aurais dû agir autrement"

Dans le plan d'eau, à 9 degrés, ils sont plus d'une centaine à devoir traverser à la nage, avec leurs casques et treillis". Le capitaine participe alors à une discussion "pour savoir s'il fallait poursuivre cet exercice". Il reconnait qu'il y avait des personnalités plus fortes que d'autres dans cette discussion. L'ordre est donné de poursuivre. Le capitaine ne mets pas de veto au départ d'un deuxième groupe dont fait partie le sous-lieutenant Jallal Hami. Le militaire regrette aujourd'hui de ne pas avoir agi autrement "un homme est mort parce que j’ai manqué de force morale pour stopper l’exercice ce soir-là»

Tout le monde savait ce que nous faisions, c'était un secret de Polichinelle à Coëtquidan

Un avocat de la partie civile, Maître Radot interroge l'ancien élève officier sur le niveau de connaissance de sa hiérarchie à l'époque, «Votre hiérarchie déclare que vous avez menti sur le déroulement de l’activité?" Avec aplomb, le jeune capitaine répond "le commandement était au courant de ce qu’on faisait. Tout le monde le savait. C'était un secret de polichinelle à Coëtquidan. Ils avaient eux-mêmes. Son avocat précise que "les membres de la hiérarchie ont eux-mêmes réalisés ces exercices en entrant à Saint-Cyr.  Le capitaine s'interroge « Comment dissimuler 200 hommes sur le terrain en pleine nuit, avec des hauts parleurs et des projecteurs ?" Le prévenu ajoute « ce qui me choque aujourd’hui encore, c’est qu’il n’y avait aucun contrôle de la hiérarchie de St Cyr sur une activité avec 160 jeunes, encadré par des élèves officiers qui avaient seulement une année d’ancienneté à l’école » Le jeune homme, les yeux rougis, estime encore qu’il aura fallu la mort de Jallal Hami pour que les choses changent. 

Le général Francis Chanson, "pour moi, ce qui était prévu, c'était du théâtre, pas de la nage commando"

Le général Chanson présente une toute autre vérité. « Je n’imaginais pas qu’il s’agissait d’une nage commando » affirme celui qui dirigeait la formation de l’école St Cyr à l’époque du drame. Il indique qu’il pensait qu’il s’agissait d’une reconstitution, une mise en scène « c’était du théâtre, avec des tirs de balles à blanc, des flambeaux, de la musique ». Le général affirme qu’il ne comprend pas pourquoi « les élèves se sont mis en tête de conduire cette séance de nage commando»

Des élèves en autonomie totale 

Le général explique que dans ces séances de transmission des traditions,  il y avait une doctrine d'autonomie. « Ils avaient une marge de manœuvre totale ? » questionne un avocat "absolument pas" rétorque le général. L’avocat de la partie civile, comme le président rappellent que tous les élèves interrogés à l’audience depuis le début du procès ont affirmé que « tout le monde le savait ce qui se passait ces soir-là ». Mais pour le général, encore une fois, la version est bien différente. "Vu d’en haut, on savait un certain nombre de choses, lors des débriefings le matin." Le président souligne "le contrôle à postériori, où un cadre qui vient à l’improviste, c’est un peu juste comme contrôle". Pour le procureur de la République, Philippe Astruc, les explications du général "surprennent un peu." Le procureur évoque même "un écart abyssal" entre ce qui s'est passé réellement, et la scène de reconstitution qu'évoque le général. 

Depuis le drame, des notes de services doivent être systématiquement rédigées et validées pour ces soirées des activités de transmission des traditions. La présence de cadres est également imposée lors de ces séances.

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