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Mort d'un élève de Saint-Cyr Coëtquidan : qui est responsable ?

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Par , France Bleu Armorique, France Bleu Breizh Izel, France Bleu

A Rennes, le procès des sept militaires jugés pour homicide involontaire, après la mort d'un jeune élève de Saint-Cyr-Coëtquidan, s'est poursuivi mercredi. Les prévenus, anciens élèves ou membre de la hiérarchie, se renvoient la responsabilité de la mort de Jallal Hami.

Jallal Hami avait intégré l'école de Saint-Cyr Coëtquidan (Morbihan) en 2012.
Jallal Hami avait intégré l'école de Saint-Cyr Coëtquidan (Morbihan) en 2012. - Archives familiales

Le procès des militaires de l'école de Saint-Cyr Coëtquidan s'est poursuivi, mercredi, à Rennes. Depuis lundi 23 novembre, au fil des auditions devant la chambre militaire du tribunal correctionnel, il apparaît que la hiérarchie de l'école n'a jamais su ce qui était programmé le soir du drame. Ce 29 octobre 2012, Jallal Hami est retrouvé mort dans un plan d'eau après une soirée de transmission des traditions. 

Le livre de marche, comme on l'appelle à Saint-Cyr, devait être un document référence, mais ce document ne donne aucun détail sur l'organisation et le déroulement de ces activités. "C'était un texte pour évoquer l'esprit de cette transmission des traditions", a expliqué le général Francis Chanson, ancien directeur de la formation à Saint-Cyr, aujourd'hui sur le banc des prévenus. L'objectif était de permettre à ces futurs officiers de l'armée française d'être en autonomie. "Une autonomie sans contrôle, cela interroge", a estimé le procureur, Philippe Astruc.

Le bahutage, un "jardin" pour les élèves

La hiérarchie explique qu'elle faisait confiance, et qu'elle a été trahie par ses jeunes élèves de deuxième année. Hervé Wallerand, l'ancien lieutenant-colonel et chargé des élèves de deuxième année à l'époque des faits, assure que ce bahutage était "le jardin" de ces jeunes gens, mais, "en aucun cas, il ne devait s'agir d'une nage commando". 

Au fil des ans pourtant, pour ces activités de transmission des traditions "on est passé d'une saynète de reconstitution d'un débarquement à cette épreuve de nage commando dans une eau à neuf degrés", souligne encore le procureur. Cette dérive ne semble jamais être remontée aux oreilles de la hiérarchie. "Il y avait du contrôle à posteriori", explique le général Chanson. "On me disait que tout s'était bien passé."

Des élèves inconscients du risque mortel

"Tout le monde savait ce qui se passait. Nos aînés avaient réalisé les mêmes activités, nous avons reproduit ce qui se faisait", ont martelé plusieurs anciens élèves. Des prévenus qui, tout au long du procès ont expliqué qu'ils n'avaient pas eu conscience d'un risque mortel lors de cette soirée du 29 octobre 2012. Un seul des cinq anciens élèves jugés a reconnu sa responsabilité, en expliquant qu'il avait "manqué de force morale pour faire interrompre l'exercice ce soir-là". C'est le seul qui ne plaide pas la relaxe.

Ce soir-là, ils ont envoyé 150 nouvelles recrues, dont Jallal Hami, traverser un étang à neuf degrés, avec un équipement militaire. Un premier groupe a très vite été en grande difficulté. Des participants ont témoigné "qu'ils avaient cru mourir, agrippés les uns aux autres", parce qu'ils perdaient pied dans une eau profonde de 2,70 mètres. L'ordre a été donné de poursuivre cet exercice et cela a conduit au drame. 

"Ce drame était peut-être écrit un jour ou l'autre", s'est interrogé le président à l'audience. Le général Francis Chanson, en charge de la formation, a reconnu ne pas avoir été "assez vigilant" sur l'autonomie laissée aux jeunes élèves, "avec un contrôle qui n'était pas constant". 

"Chacun se renvoie la responsabilité", constate l'avocat de la famille de Jallal Hami, maître Jean-Guillaume Le Mintier. "C'est le procès de la désillusion. Nous pensions naïvement que les règles étaient respectées à Saint-Cyr, et finalement, il y a une sorte de nébuleuse, et on ne sait plus qui décide quoi, et ce qui est interdit et ce qui ne l'est pas." Pour l'avocat, l'instruction et l'enquête militaire ont permis d'identifier "les maillons défectueux". 

Les avocats de la famille Hami rappellent que celle-ci attend depuis huit ans que la justice se prononce. Elle réaffirme qu'elle n'a jamais voulu faire le procès de l'uniforme, ni de l'école militaire mais qu'elle souhaite aujourd'hui, enfin, que les hommes responsables du drame soient condamnés. 

Ce jeudi 26 novembre, le tribunal entendra les réquisitions du procureur de la République, avant les plaidoiries de la défense. Depuis la mort de l'élève officier, les activités de transmission des traditions ont été largement réformées à Saint-Cyr. 

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