Faits divers – Justice

Mort de Corentin : deux chirurgiens de Metz mis en examen pour homicide involontaire

Par François Pelleray, France Bleu Lorraine Nord mardi 30 août 2016 à 13:47 Mis à jour le mardi 30 août 2016 à 19:27

Corentin, mort après une opération de l'appendicite à Metz.
Corentin, mort après une opération de l'appendicite à Metz. - Rachel Noel

Les premières mises en examen près de deux ans après la mort de Corentin, à la suite d'une opération de l'appendicite. Le chirurgien qui a opéré cet enfant de 11 ans à la clinique Claude-Bernard de Metz a été mis en examen lundi 29 août pour homicide involontaire, l'autre chirurgien le lendemain.

Près de deux ans après la mort de Corentin, 11 ans, suite à une opération de l’appendicite à la clinique Claude Bernard de Metz, deux chirurgiens ont été mis en examen pour homicide involontaire. Il s'agit du premier à avoir pris en charge le garçon à l’automne 2014 et du deuxième appelé à l'aide après que l'aorte ait été coupée accidentellement.

En début d'année, une expertise concluait qu'il n'était pas nécessaire d'opérer Corentin de l'appendicite et qu'il y avait eu de nombreuses erreurs techniques durant l'opération.

Mais le premier chirurgien se défend, il affirme qu'il n'était pas le seul professionnel à parler d'appendicite. L'opération n'était donc pas superflue selon lui. Son défenseur, Me Joseph Roth : « nous avons dit au juge d’instruction qu’il s’agissait bien d’une appendicite, qu’il y avait des éléments du dossier dont il n’avait peut-être pas connaissance comme un scanner qui montrait de fortes présomptions d’appendicite. Elle n’était peut-être pas aiguë mais il s’agissait bien d’une appendicite, qui était d’ailleurs peut-être à l’origine des douleurs que l’on cherchait à identifier depuis plus de trois semaines ».

Une mise en examen au goût amer pour le père de Corentin

Le papa de Corentin ne se satisfait pas de ces mises en examen. Et d'ailleurs, Pierre Jeras considère qu'il faut aller au-delà de l'homicide involontaire : « beaucoup de gens pourraient s’en satisfaire, moi je suis plutôt amer. Parce que c’est le fruit d’un long combat, il a fallu rencontrer beaucoup de monde, enfoncer beaucoup de portes, convaincre. Il y a un mois, nous en sommes arrivés à demander un dépaysement judiciaire, qui est toujours d’actualité pour moi, et qui je pense à fait avancer les choses ».

Pour la maman de Corentin, ces mises en examen pour homicide involontaire "ne sont que le début de la justice. On a le sentiment qu'on nous a tout caché. Ce n'est pas normal de devoir se battre pour connaitre la vérité. Aujourd'hui, je veux que le monde médical soit davantage contrôlé".

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