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Mort de Jean Dussine : la « jungle » de Cherbourg entre tristesse et inquiétude

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Par , France Bleu Cotentin

Dix jours après l’assassinat du président de l’association Itinérance, les migrants afghans de Cherbourg sont plongés dans le désarroi et redoutent les amalgames.

Le camp de migrants afghans à Cherbourg appelé "la jungle" par ses occupants
Le camp de migrants afghans à Cherbourg appelé "la jungle" par ses occupants © Radio France - Anthony Raimbault

Il y a dix jours, Jean Dussine le président de l’association d’aide aux migrants Itinérance était retrouvé mort dans sa maison de Bretteville-en-Saire, près de Cherbourg. Un jeune afghan a été mis en examen pour assassinat. Depuis le drame, des messages racistes circulent sur internet. Une plainte a même été déposée cette semaine. Dans le camp de migrants afghans à Cherbourg, la peine est immense et le regard des autres difficile à porter. 

Ce camp est quelque part dans un bois sur les hauteurs de Cherbourg. Les abris de fortune sont alignés. Des palettes servent de plancher et des bâches noires font office de toit. La vingtaine d’afghans qui a trouvé refuge ici appelle cet endroit la « jungle ». 

« C’était un père pour tous les gars de la jungle »

Tout au bout du camp, près du feu, trône un portrait en noir et blanc de Jean Dussine. Ici, c’est « mister Jean ». Monsieur Jean. Et tout le monde le connaît. « On est tous triste ici. Monsieur Jean nous a tous aidé », explique Mohamed. Saïd poursuit : « oui, c’était comme un père pour tous les gars de la jungle » 

Ces deux afghans sont arrivés il y a quelques mois à Cherbourg avec la ferme intention de traverser la Manche, coûte que coûte. Depuis le drame, ils ont perdu leur repère. « Monsieur Jean nous trouvait des solutions. Maintenant, il n’est plus là. On ne va plus à Cherbourg, on n’a plus de carte SIM pour les téléphones. Personne n’a d’argent ici. Ça fait deux semaines qu’on n’a pas pu prendre de douche »

« Certaines personnes pensent que les afghans ne font que se battre »

La mise en examen d’un afghan, soupçonné d’être le meurtrier présumé de Jean Dussine, a également changé le regard de certains déplore Saïd. « Quand monsieur Jean était avec nous, tout le monde à Cherbourg était gentil avec nous. Depuis sa mort, ce n’est plus pareil. »

Mohamed craint les amalgames. « Certaines personnes pensent que les afghans ne font que se battre, tuer. Mais ce n’est pas vrai. _Chaque personne est différente_. Chaque personne a ses problèmes »

Les amalgames, les propos racistes sur les réseaux sociaux depuis la mort de Jean Dussine, c’est le fait d’une minorité relativise l’association Itinérance qui poursuit sa mission. Elle aide 150 personnes sur Cherbourg en Cotentin. 

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