Faits divers – Justice

Mort de Jean Germain : Alain Anziani salue un élu "d'une grande droiture et d'une grande compétence"

France Bleu Gironde mardi 7 avril 2015 à 15:00

Alain Anziani, le maire socialiste de Mérignac
Alain Anziani, le maire socialiste de Mérignac © Radio France

L'ancien maire socialiste de Tours a été retrouvé mort le jour même où il devait comparaître devant la justice dans l'affaire des "mariages chinois". Pour Alain Anziani, le maire de Mérignac, qui le côtoyait au Sénat, "il vivait sans doute un enfer, mais ne laissait rien transparaître".

Les hommages de la classe politique se multiplient, après l'annonce du suicide de Jean Germain. Le sénateur socialiste d'Indre-et-Loire, et ancien maire de Tours, a été retrouvé mort près de son domicile, alors que s'ouvrait ce mardi devant le tribunal correctionnel de la ville son procès pour complicité, dans l'affaire dite des "mariages chinois". Dans la lettre d'adieu qu'il a laissé, l'élu jure qu'il n'a jamais empoché un centime , qu'il ne s'est pas enrichi, et que "l'injustice et le déshonneur lui sont insupportables".

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Alain Anziani, le sénateur-maire de Mérignac, le rencontrait régulièrement en réunion et dans les couloirs du Palais du Luxembourg.

"C'était quelqu'un, quoi qu'on en dise aujourd'hui, qui me paraissait d'une totale intégrité, et avec qui j'avais plaisir à travailler. Il y a un écart énorme entre ce que la presse et la procédure peuvent nous dire, et l'homme que je ne connaissais, et de l'homme, je ne peux dire que du bien."

L'élu girondin explique que spontanèment, lui est revenu en mémoire le suicide de Pierre Bérégovoy, l'ancien premier ministre, en mai 1993.

"Je n'ai pu m'empêcher dans la tête de faire la comparaison. Il a peut-être commis des maladresses, mais ces maladresses ne méritaient pas le sort qu'on lui a donné, et le sort qu'il s'est donné lui-même. Il était très reservé, il vivait sans doute un enfer, mais cela ne transparaissait pas."

Jean Germain en août 2013. - Maxppp
Jean Germain en août 2013. © Maxppp

Alain Anziani reconnait que la pression médiatique est de plus en plus difficile à vivre pour les élus, dès lors qu'ils sont mis en cause par la justice.

"Dès qu'on exerce des responsabilités politiques, il y a presque une présomption de culpabilité. Il y a toujours cette idée de tous pourris, qu'ils s'en mettent plein les poches. La mentalité anti-élus gagne du terrain malheureusement dans ce pays. On ferait mieux de s'interesser à leur travail quotidien qui est considérable."

François Hollande a évoqué de son côté "un drame terrible" et salué la mémoire d'un grand élu. Manuel Valls s'est dit "bouleversé" par la perte d'un "grand ami".