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Faits divers – Justice

Mort de l'antifasciste Clément Méric : 7 et 12 ans requis contre les deux principaux accusés skinheads

jeudi 13 septembre 2018 à 10:58 Par Germain Arrigoni et Viviane Le Guen, France Bleu Paris et France Bleu

L'accusation a requis jeudi des peines de 7 et 12 ans de prison à l'encontre de deux ex-skinheads pour des coups mortels portés à l'antifasciste Clément Méric en 2013 à Paris, une bagarre "évitable" et d'une "sauvagerie parfaitement inadmissible".

Photo de Clément Méric brandie lors d'une manifestation à Paris en juin 2013.
Photo de Clément Méric brandie lors d'une manifestation à Paris en juin 2013. © AFP - JOEL SAGET

La peine la plus lourde a été demandée contre Esteban Morillo, qui a reconnu être l'auteur des coups mortels. 

Sept ans ont été demandés pour Samuel Dufour, porteur d'une "arme" - poing américain ou bagues -, et une peine de quatre ans dont deux avec sursis contre Alexandre Eyraud, arrivé plus tard mais dont la seule présence a favorisé "l'action collective".

Tué lors d'une brève bagarre

En 2013, Clément Méric, étudiant antifasciste de 18 ans, a été tué lors d'une brève bagarre à Paris entre militants antifascistes et skinheads d'extrême droite.

Il est environ 18h00 ce 5 juin 2013 lorsqu'une rixe opposant des "skins" et des "antifas" éclate au pied de l'église Saint-Louis d'Antin dans le IXe arrondissement de Paris. Clément Méric, étudiant à Sciences-Po qui se remet tout juste d'une leucémie, s'écroule. Son décès sera prononcé le lendemain déclenchant une vague d'émotion et de manifestations dans le pays.

A l'époque plusieurs groupuscules identitaires et racistes, dont étaient proches certains des accusés, sont dissous. C'est le cas de Troisième Voie et de son service d'ordre ainsi que des Jeunesses nationalistes révolutionnaires (JNR), dirigées par une figure tutélaire de la mouvance, Serge Ayoub.

Un procès politique

Dans quelles circonstances précises Clément Méric est-il mort ? S'agissait -il d'une rencontre fortuite ou d'un guet-apens ? Y a-t-il eu volonté de tuer ou la bagarre a-t-elle mal tourné ? C’est à ces questions que vont devoir répondre les jurés pour établir les responsabilités de chacun. 

Les militants antifascistes dénoncent un "assassinat politique". Les accusés évoquent, eux, la légitime défense. L'un des enjeux sera notamment de déterminer s'il y a eu ou pas usage de poings américains, laissant supposer une intention d'en découdre. Sur ce point, les expertises médicales se contredisent. Esteban Morillo a très vite reconnu avoir frappé Clément Méric, mais toujours nié avoir fait usage de cette arme, circonstance aggravante aux coups mortels.  

Dans les rangs de l'Action antifasciste, on redoute une "dépolitisation". Près de 300 militants et sympathisants antifascistes ont  manifesté lundi soir à Paris pour réclamer la "vérité" sur la mort de leur camarade et d'autres rassemblements sont prévus dans les prochains jours dans la capitale. Ces militants estiment que le décès du jeune homme "n'est pas un fait divers", mais "le symbole de la montée en puissance de l'extrême droite, en France et en Europe."

Le procès doit s’achever ce vendredi 14 septembre.