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Faits divers – Justice DOSSIER : Affaire Naomi Musenga à Strasbourg

Mort de Naomi : les avocats de la famille ne veulent pas accabler l'opératrice du Samu

jeudi 10 mai 2018 à 10:36 - Mis à jour le jeudi 10 mai 2018 à 11:48 Par Blandine Costentin, France Bleu Alsace, France Bleu Elsass et France Bleu

Les avocats de la famille de Naomi Musenga vont déposer plainte cette semaine à Strasbourg. Ils souhaitent que la justice fasse toute la lumière sur la mort de la jeune femme, le 29 décembre 2017. Au delà de l'agent qui a pris l'appel au Samu, ils s'interrogent sur les responsabilités de l'hôpital.

Les avocats de la famille de Naomi Musenga : Mohamed Aachour et Nicole Radius.
Les avocats de la famille de Naomi Musenga : Mohamed Aachour et Nicole Radius. © AFP - Frédérick Florin

Strasbourg, France

Pour Me Aachour et Radius, les avocats de la famille de Naomi Musanga, une foule de questions reste à ce jour sans réponse. C'est pour cela qu'ils vont déposer une plainte devant le tribunal de Strasbourg, jeudi ou plus probablement ce vendredi. Lors d'une conférence de presse, mercredi 9 mai, ils ont énuméré les interrogations autour des conditions de la mort de la jeune femme, le 29 décembre 2017, et sur la prise en charge de son cas par l'hôpital, après son décès. Et derrière l'opératrice du Samu, aujourd'hui suspendue, qui a traité avec mépris l'appel de la victime, les avocats se demandent si le CHU de Strasbourg a bien joué son rôle. 

La famille de Naomi "ne jette pas l'anathème sur cet agent, ses interrogations sont plus larges", explique Mohamed Aachour, "peut-être que la chaîne de responsabilité est plus vaste ?" Parmi les questions posées par les avocats : pourquoi le Samu n'a pas considéré que l'appel était urgent ? Pourquoi l'autopsie du corps de la victime a-t-elle eu lieu 112 heures après la mort ? Quelles sont les causes précises du décès ?

Les proches de la jeune femme s'interrogent aussi sur le délai -quatre mois- entre la mort et l'ouverture de l'enquête administrative. Il a fallu le "le tapage médiatique" déclenché par la publication de l'enregistrement par le magazine Hebdi pour que "l'hôpital daigne" ouvrir cette enquête, remarque Me Aachour. A ce jour, deux enquêtes ont été lancées, l'une par les Hôpitaux universitaires de Strasbourg et l'autre, à la demande de la ministre de la Santé Agnès Buzyn, confiée à l'Inspection générale des affaires sociales. Le parquet de Strasbourg a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête préliminaire, mais les avocats de la famille Musenga demandent l'ouverture d'une information judiciaire.

Est-ce que ce drame n'est pas la résultante d'un système défaillant et déshumanisé ?" - Me Nicole Radius

L'autre avocat des Musenga, Me Radius, insiste sur les conditions dans lesquelles l'agent du Samu mis en cause a réceptionné l'appel. On était en pleines fêtes de fin d'année, période où les urgences de Strasbourg recevraient 2 000 à 3000 appels par jour. Cet agent "était-elle en fin de service, combien d'appels a-t-elle reçu dans la journée, qu'est-ce qui lui a été dit en amont par le service des pompiers, était-elle elle-même en burn out ?" liste Nicole Radius. "Il n'y a pas lieu de stigmatiser cet agent" ajoute l'avocate qui se demande si "ce drame n'est pas la résultante d'un système défaillant et déshumanisé".

L'opératrice qui a pris l'appel est "effondrée" selon un représentant syndical

Selon une source syndicale du CHU de Strasbourg interrogée par France Inter, l'opératrice téléphonique du Samu de Strasbourg qui a reçu l'appel de Naomi Musenga est "effondrée". Elle "a pris conscience de la gravité de ce qu'elle a fait". Cette agente, présentée comme expérimentée, a débuté comme ambulancière il y a une vingtaine d'années, avant de rejoindre le centre d'appel du SAMU. L'hôpital l'a suspendue ce mercredi "à titre conservatoire".

La famille de Naomi Musenga s'exprimera devant la presse ce jeudi à 17h30. Un collectif "Justice pour Naomi Musenga" annonce l'organisation d'une marche blanche en mémoire de la jeune femme, mercredi 16 mai, à Strasbourg.