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Faits divers – Justice DOSSIER : Affaire Naomi Musenga à Strasbourg

Mort de Naomi : pour son père, "on s’est moqué de ma fille, puis on s’est moqué de nous"

jeudi 10 mai 2018 à 18:21 - Mis à jour le jeudi 10 mai 2018 à 18:52 Par Blandine Costentin, France Bleu Alsace, France Bleu Elsass et France Bleu

La famille de Naomi Musenga, morte le 29 décembre 2017 à Strasbourg, demande "que justice soit faite". Ses parents et sa soeur ont tenu une première conférence de presse ce jeudi. La jeune femme est décédée après une prise en charge insuffisante de la part du Samu.

La famille de Naomi Musanga.
La famille de Naomi Musanga. © Radio France - Olivier Vogel

Strasbourg, France

Pour la première fois, les parents de Naomi, Bablyne et Polycarpe Musenga, et l'une de ses soeurs, Louange, ont pris la parole ce jeudi, lors d'une conférence de presse à Strasbourg, dans le cabinet de leur avocat. Ils ont demandé que "justice soit faite" pour cette jeune femme de 22 ans, morte le 29 décembre 2017 à l'hôpital de Strasbourg. Naomi Musanga avait eu le Samu au téléphone, mais elle a reçu un accueil méprisant et moqueur de la part de l'opératrice. Transportée plusieurs heures plus tard aux urgences, elle est décédée. 

La famille de Naomi a commencé par remercier la presse et les réseaux sociaux, "comme une main qui nous est tendue". "Sans vous, cette histoire n'aurait jamais été connue" a expliqué le père de la jeune femme. 

Mais ce sont surtout les questions qui se bousculent dans la bouche de Bablyne Musenga : "On n’a pas de réponse : qu’est-ce qui a tué ma fille ?! Qui est cette première femme qui a reçu l’alerte et qui ne l’a pas bien passée à l’autre ? Et qui est celle qui ne lui a accordé aucune attention ?" L'appel de Naomi à la police, puis aux pompiers, avait en effet été transmis au Samu. Si la jeune femme avait été prise en charge à temps, "aurait-elle eu la chance de vivre" se demande son père ?

Les parents ne s'attardent pour autant pas sur le cas de l'opératrice, suspendue depuis, qui s'est moquée de Naomi. "C'est l'institution qui devrait nous répondre" insiste Bablyne Musanga. "Ils dénoncent un "manque d’humanité totale" de l'hôpital qui a longtemps tardé à répondre à leurs propres interrogations. "On a l’impression qu’on s’est moqué de ma fille, puis qu’on s’est moqué de nous" proteste Polycarpe Musenga. 

Deux mois avant de recevoir les résultats de l'autopsie

Louange, l'une des soeurs de Naomi, explique qu'ils ont attendu deux mois avant d'obtenir les résultats de l'autopsie, qu'elle et son père se sont relayés au téléphone. Mais l'autopsie, réalisée cinq jours après le décès, ne donne pas de réponse précise sur les causes de la mort de Naomi car ses organes étaient déjà partiellement putréfiés. Elle révèle que la jeune femme a succombé à des défaillances multiviscérales, sans que l'on en connaisse l'origine. Ce sont donc aussi les conditions de cette autopsie tardive qui interpellent la famille de la victime. 

Les proches de Naomi ne veulent pas parler d'étouffement de l'affaire, mais ils se demandent si elle aurait éclaté au grand jour s'ils n'avaient pas alerté les médias. Et ils placent maintenant leurs espoirs dans le travail de la justice. Leurs avocats ont annoncé mercredi qu'ils déposaient plainte. Une enquête préliminaire a déjà été ouverte par le parquet de Strasbourg, ainsi que deux enquêtes administratives, dont l'une à l'hôpital de Strasbourg.

Christophe Gautier, le directeur général des Hôpitaux universitaires de Strasbourg, a déclaré ce jeudi sur franceinfo qu'il recevrait la famille de Naomi Musenga le 23 mai, pour "restituer la totalité des éléments" de l'enquête administrative. Dans le même entretien, le directeur indique qu'au stade actuel de l'enquête, "l'enregistrement (des échanges entre Naomi et l'opératrice du Samu) témoigne d'un manquement aux procédures de régulation (...) Dans le cas d'espèce, nous nous acheminons vers un élément de faute personnelle."

Les messages de soutien, ça nous permet de rester debout" - Louange Musanga

Une marche blanche doit être être organisée mercredi 16 mai à Strasbourg pour rendre hommage à Naomi. Organisée par un collectif, cette manifestation a le soutien de la famille. "Il y a énormément de gens qui nous envoient des messages de soutien", explique Louange Musanga, "ça nous permet de rester debout"