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Faits divers - Justice

Mort de Steve à Nantes : Romain affirme avoir été écarté de l’enquête de l’IGPN

Le soir de la mort de Steve, lors de la fête de la musique à Nantes, il était dans le groupe de fêtards dont certains sont tombés à l'eau. Romain dit avoir assisté aux affrontements avec les forces de l'ordre. Il a fait un signalement auprès de l'IPGN mais aurait été écarté de l'enquête.

Fresque "Que fait la police?" en hommage à Steve Maia Caniço, sur les bords de Loire à Nantes le 30 juillet 2019.
Fresque "Que fait la police?" en hommage à Steve Maia Caniço, sur les bords de Loire à Nantes le 30 juillet 2019. © Radio France - Sarah Tuchscherer

"Si on m'avait laissé témoigner, peut-être que j'aurais pu éclairer quelque chose. Mon témoignage n'a pas plus de valeur que celui des autres. Ce soir là on a tous vécu la même chose. Mais je ne comprends pas que ma déposition n'a pas été prise au sérieux." Romain, 33 ans, est écœuré. Ce Nantais affirme qu'il était présent à Nantes, sur le quai Wilson, lors de la fête de la musique. Ce soir là, quatorze personnes tombent à l'eau après des affrontements avec les forces de l'ordre. L'un d'eux, Steve, ne remontera jamais. Son corps sera retrouvé cinq semaines après, dans un état de décomposition avancé.

Romain.G, 33 ans, était présent sur le quai Wilson, à Nantes, au moment où les policiers sont intervenus. Il raconte.

Un brigadier refuse d'abord de prendre sa plainte

Une semaine après les faits, le 27 juin, Romain se rend au commissariat pour déposer plainte, contre la police. Très rapidement il comprend que les choses seront plus compliquées que prévu : "On m'a fait patienter une demi-heure. Un brigadier est finalement arrivé et je lui ai expliqué que j'avais été agressé par la police lors de la fête de la musique. Mot pour mot, il m'a demandé si j'avais 'des bobos, des blessures'. J'ai dit que non et il m'a immédiatement demandé de sortir de son bureau. Il ne voulait pas prendre ma plainte."

"J'ai vraiment été gêné par la difficulté pour déposer plainte."

Le jeune homme, frustré, s'agace dans le hall du commissariat. "Je dis quelque chose du genre 'Elle est belle cette police, qui ne veut pas prendre ma plainte !" Une policière vient le rassurer, et lui dit que deux enquêteurs de l'IGPN sont justement dans les locaux. On lui demande de patienter. Il attendra deux heures. Lui, parle de mascarade : "Ça a été un défilé, un bal ! Finalement on m'a pris dans un bureau et j'ai pu faire mon signalement. Mais j'ai vraiment été gêné par la difficulté pour déposer plainte."

Romain racontera tout, en détail. Ce soir-là, il était présent sur les lieux avec sa compagne. Quand les affrontements ont éclaté, il a été pris dans le mouvement de panique : "J'étais vraiment dans le groupe de ceux qui sont tombés à l'eau." Il poursuit : "Je n'ai vu personne tomber à l'eau car il y avait trop de fumée à cause des lacrymogènes. Mais j'ai entendu des 'plouf' très distinctement. J'ai compris que tout le monde avait plongé." 

Aucune suite donnée à sa plainte

Le couple décide de fuir : "Nous nous sommes écartés des quais, et on s'est réfugiés de l'autre côté de la route, derrière les rochers. Mais on était toujours aspergés de lacrymogènes. J'ai même reçu une grenade lacrymo dans le pied. Alors on s'est éloignés encore plus, on a pris la direction de la grue grise et on a retrouvé la petite sœur de ma compagne." Le Nantais se souvient de la détresse de la jeune femme : "Elle était en crise. Je l'ai mise en PLS pour la calmer, pour la ramener à la réalité. On était tous très choqués. C'était très violent. Il y avait beaucoup d'incompréhension."

Romain dépose plainte pour violences policières et mise en danger de la vie d'autrui. La plainte est bien enregistrée par l'IGPN, la police des polices. Mais c'est après que les choses se gâtent, selon lui. "Depuis, je n'ai pas eu de nouvelles. Dans le rapport de l'IGPN, dévoilé par Christophe Castaner, il est dit qu'on a essayé de me contacter par téléphone et par mail mais que je n'avais pas donné suite. Mais c'est faux ! J'ai vérifié dans mes mails, mes spams, il n'y a aucune trace de l'IGPN."

"Je ne sais pas qui on cherche à protéger et pourquoi."

Le jeune Nantais, qui affirme n'avoir aucun engagement politique et "rien contre la police", ne comprend pas la situation. "Ce rapport de l'IGPN, c'est une mascarade. Si on avait vraiment voulu me contacter, c'était possible. Les enquêteurs avaient mon adresse, le numéro de ma compagne et même celui de sa sœur. En cherchant mon nom sur internet on me retrouve très facilement !" Il conclut : "Je ne sais pas qui on cherche à protéger et pourquoi. J'aimerais que toute la lumière soit faite." Romain se dit toujours prêt à témoigner, et surtout "à être écouté."

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