Faits divers – Justice

Mort de Wissam El Yamni : un policier clermontois mis en examen

Par Alexandre Chassignon et Kevin Boderau, France Bleu Pays d'Auvergne jeudi 6 mars 2014 à 20:44

La marche blanche en mémoire de Wissam et pour la vérité sur sa mort, le 14 janvier 2012 à Clermont-Ferrand.
La marche blanche en mémoire de Wissam et pour la vérité sur sa mort, le 14 janvier 2012 à Clermont-Ferrand. © Photo Franck Boileau / La Montagne / Maxppp

Un policier de Clermont-Ferrand a été mis en examen pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner, dans l'enquête sur le décès de Wissam El Yamni. Ce Clermontois de 30 ans est mort en janvier 2012, après neuf jours de coma consécutifs à une interpellation mouvementée le soir de la Saint-Sylvestre. Une décision "normale mais tardive", selon sa famille.

Plus de deux ans après les faits, l'enquête franchit une étape importante. Un policier de Clermont-Ferrand a été mis en examen, le 24 février, pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner, a révélé Le Monde ce jeudi.

Le jeune homme, arrêté par la police dans le quartier de la Gauthière, le soir de la Saint-Sylvestre 2011, est tombé dans le coma avant de mourir neuf jours plus tard. L'épisode avait aussi déclenché des violences urbaines à Clermont-Ferrand.

"C'est peut-être le début de quelque chose", a réagi Farid El Yamni, le frère de Wissam. La famille El Yamni a souvent dénoncé la lenteur et les "zones d'ombre" de l'enquête.

Bavure ou "cocktail toxique"

Il s'agit de déterminer si la mort de Wissam est due à des violences policières, en particulier à la technique d'immobilisation par "pliage" connue pour sa dangerosité.

Une première expertise médicale a pointé "un cocktail toxique" d'alcool et de drogues. Une contre-expertise a été lancée en janvier dernier. La défense de la famille El Yamni espère qu'en deux ans, les éléments matériels et les souvenirs des protagonistes seront intacts.

"Le temps ne joue pas en faveur de la vérité"- Me Jean-Louis Borie

"Une bonne nouvelle pour la recherche de la vérité"

Un deuxième policier est visé par l'information judiciaire ouverte par la juge d'instruction en charge de l'enquête. Il pourrait être convoqué prochainement.

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