Faits divers – Justice

Mort du petit Moro sur le parking d'Auchan Gramont : quelles étaient les consignes de sécurité ?

Par Jean Saint-Marc, France Bleu Toulouse samedi 3 septembre 2016 à 20:00

Le petit Moro a été mortellement écrasé par un de ces portails, vendredi 19 août
Le petit Moro a été mortellement écrasé par un de ces portails, vendredi 19 août © Radio France - Jean Saint-Marc

Deux semaines après la mort du petit garçon sur le parking d'Auchan Gramont, cette question : quelles étaient les consignes de sécurité appliquées par la société France Gardiennage ? Selon l'avocat de l'agent de sécurité mis à pied il y a deux versions contradictoires des consignes.

Cela fait plus de quinze jours que le petit Moro est mort, écrasé par un rideau métallique sur le parking du centre commercial Auchan-Gramont. Un agent de sécurité a été mis à pied par son entreprise France Gardiennage. Il a aussi été interrogé en garde à vue puis placé sous le statut de témoin assisté.

A-t-il respecté les consignes de sécurité ? C'est toute la question que doit se poser en ce moment le juge d'instruction en charge de l'affaire. Selon l'avocat de cet homme de 55 ans, il y a une grosse zone d'ombre dans le dossier. Comme l'a révélé La Dépêche du Midi, il y a deux versions des consignes qu'il était censé suivre.

Une ronde à 21h45 ou à 4h du matin ?

Un de ces documents aurait été versé au dossier par France Gardiennage, l'autre par l'agent mis à pied. Dans le premier, l'agent est censé faire une ronde à 21h45 et fermer sur place les différents portails. Ça n'a jamais été le cas affirme maître Pierre Dunac : "à aucun moment il n'est précisé cela et donc évidemment il ne l'a jamais fait."

"Ce deuxième document est très étonnant. Certains auront des explications à apporter !" – maître Pierre Dunac

Selon lui, et selon le document que son client a porté au dossier, l'agent doit seulement faire une ronde vers 4 heures du matin. Et à 22 heures il ferme les grilles depuis le PC Sécurité. C'est plus logique estime d'ailleurs maître Pierre Dunac : "Imaginez un instant qu'un agent de sécurité, seul, aille fermer les rideaux l'un après l'autre avec une clé. Ne pensez-vous pas qu'il serait en situation de danger ? On peut à tout moment se faire braquer dans ces lieux là !"

Ce que sous-entend l'avocat c'est que ce deuxième document, cette deuxième version des consignes, fournie à la justice par France Gardiennage, n'est pas authentique. "La présence de ce document m'interroge. C'est curieux, étonnant. Certains auront des explications à apporter" dit-il.

Nous avons contacté la société ce samedi. Personne ne souhaite répondre à nos questions.