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Dossier : L'affaire du petit Tony à Reims

Procès de l'affaire Tony à Reims : l'ampleur des maltraitances révélée à la cour d'assises

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Par , France Bleu Champagne-Ardenne, France Bleu

Au premier jour du procès de Loïc Vantal et Caroline Létoile pour la mort du petit Tony à Reims en novembre 2016, les médecins ont révélé ce lundi à la cour d'assises l'ampleur des maltraitances vécues par l'enfant. Les experts ont décrit l'agonie du petit garçon dans les derniers jours de sa vie.

L'ouverture du procès ce lundi 1er février.
L'ouverture du procès ce lundi 1er février. © Radio France - Sophie Constanzer

Le procès de Loïc Vantal et Caroline Létoile s’est ouvert ce lundi devant la cour d’assises de la Marne à Reims, un peu plus de quatre ans après la mort du petit Tony, 3 ans. Le beau-père de l'enfant est jugé pour "violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner" et la mère de Tony pour "non assistance à personne en danger et non dénonciation de mauvais traitements". 

On savait que ce "petit bout de chou de 98 centimètres et 17 kilos" avait vécu un calvaire, mais l’ampleur des coups subis par l’enfant a été révélée à l’audience. 

J'ai dénombré 60 lésions sur tout le corps et c'est approximatif - le légiste

"J’ai dénombré 60 lésions sur le corps de l’enfant, dont 23 au niveau de la tête… Nous avons constaté des bleus d’âges différents et nous avons été interpellés par cinq fractures anciennes…", explique le légiste. Fracture du bassin, fracture d’une côte, fracture du nez… À la barre, le docteur Béatrice Digeon, la pédiatre qui a vu le corps de Tony au CHU de Reims après sa mort, insiste : "Il est impossible de détailler les lésions une par une, tellement elles sont importantes". Spécialiste des maltraitances des enfants depuis 1990, elle souligne encore qu' "il est rare de voir un tel déchainement de violence sur un enfant de cet âge, à ce point-là, on les compte sur les doigts d’une main". 

La cause de la mort : une fracture du pancréas causée par des coups de poing ou de pied au ventre. Des coups que Tony aurait reçus deux ou peut être même cinq jours avant son décès. Dans les jours qui précèdent la mort de Tony le samedi 26 novembre 2016, l'enfant ne va plus à l’école, il ne mange quasiment plus. Il ne se nourrit que de yaourts, de biscuits et d’eau.

Nul doute que Tony aurait pu être sauvé, s’il avait été pris en charge à temps – la pédiatre 

Et pour cause, tout porte à croire qu’il a beaucoup souffert dans les derniers jours de son existence. "La douleur au pancréas est une des pires douleurs qui soit, et il faut une certaine violence pour fracturer un pancréas, on trouve ça dans les accidents de la route ou dans les sports de combat", explique le docteur Digeon. 

Autre certitude pour les experts : impossible de passer à côté des bleus sur le corps de l’enfant, impossible de mal les interpréter. Et ce lundi, la question se pose : pourquoi n’avoir pas appelé un médecin alors que l’enfant est affaibli, qu’il ne mange plus ? "Loïc Vantal et Caroline Létoile auraient décidé de ne rien faire et de ne pas appeler le médecin d’un commun accord", précise un officier de police entendu ce lundi 1er février. 

Les coups, une "méthode d’éducation" pour Loïc Vantal ? 

Lors de sa garde à vue le 26 novembre 2016, Loïc Vantal est "désinvolte, détaché". "Il ne me pose jamais des questions sur la santé de Tony, et il me dit : c’est une blague l’enfant est pas mort !", raconte l’officier de police judiciaire à la barre. Une émotion quand il apprend la mort de Tony ? "Aucune ! Il en a jamais eu !", répond l’officier de police. Et sur la violence et les motifs des coups ? "Il répond que Tony tombait souvent sur des meubles, sur le ventre, quand il le frappait… Pour lui les coups c’était une méthode d’éducation, il dit qu’il a pris des coups tous les jours quand il était petit". 

Et si les accusés Loïc Vantal et Caroline Létoile seront entendus ce mardi 2 février par la cour d’assises, les enquêteurs ont déjà donné un aperçu de la vie de Tony dans cet appartement du 10, place des Argonautes à Reims. Dans la chambre du petit garçon, il y a des murs blancs, un lit en bois, un autre matelas au sol, aucune photo aux murs, et deux cartons avec des jouets à l’intérieur. Et dans chaque recoin ou presque de cette chambre, les enquêteurs ont révélé des traces de sang. 

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