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Mort noyé à Saint-Cyr : jusqu'à deux ans de prison avec sursis requis au procès à Rennes

A Rennes, le procureur a requis ce jeudi 26 novembre des peines de prison de trois mois jusqu'à deux ans avec sursis pour six des sept militaires jugés pour homicide involontaire après la mort de Jallal Hami, à Saint-Cyr, en 2012. Le procureur a réclamé la relaxe du plus haut gradé qui était jugé.

Le procureur de la République de Rennes, Philippe Astruc
Le procureur de la République de Rennes, Philippe Astruc © Radio France - Céline Guétaz

"Cette semaine le procès sur l'affaire Jallal a apporté un regard blafard sur l’école de St Cyr ", lance le procureur ce jeudi dès le début de son réquisitoire, devant la chambre militaire du tribunal correctionnel de Rennes. "Mais il ne s’agit pas ici de juger l’école, ce serait injuste" ajoute très vite le procureur. Cette affaire, dit-il "pose des questions sur ces transmissions des traditions, avec des activités dont les chefs ne savent rien ou feignent de rien savoir"

Les élèves de deuxième année étaient en autonomie pour organiser ces soirées de "bahutage", c’est le principe ont expliqué tout au long du procès les protagonistes. Mais cette fois, les nouvelles recrues ont dû effectuer une nage commando dans une eau à neuf degrés dans laquelle Jallal s’est noyée le 29 octobre 2012. 

Un drame serait arrivé "tôt ou tard" - 

L’absence de contrôle de ces activités de "bahutage" devait conduire "tôt ou tard" à un drame estime le procureur. Le bilan aurait pu être "beaucoup plus dramatique". Plus de 150 jeunes recrues ont participé à cet exercice périlleux. Pour le procureur, les responsabilités sont complexes à établir dans ce dossier, mais il détaille trois motifs : "d’abord cette autonomie qui n’est pas conforme et qui est donnée sans contrôle", mais aussi "l’insuffisance de maturité pédagogique" et cette transgression dont font preuve les élèves de deuxième année, sur fond dit-il "de testostérone mal maîtrisée".

Le procureur désigne les fautifs, et dédouane le général Chanson

Qui sont les responsables ? Pour le procureur, "l’ancien commandant des deuxièmes années a commis une faute en n’exigeant aucune note précise sur ce qui devait avoir lieu ce soir-là." Cette note, qui aurait dû être rédigée par les élèves de deuxième année, elle aurait permis de dire "qui fait quoi et comment ". Cette note, elle figure dans le règlement de l’école, "le document cadre" que tend le procureur à l’audience. "A mes yeux, la non-exigence de cette note-interne est au cœur du dossier". Cette note, elle était "l‘outil qui aurait permis d’éviter l’accident" estime encore Philippe Astruc. 

L’ancien commandant des deuxièmes années est-il le seul responsable, dans l’encadrement ? Le procureur l’estime en effet. L’ancien lieutenant –colonel est "le seul à qui on peut reprocher cette faute dans l’encadrement " estime le procureur qui dédouane ainsi le général Francis Chanson. Il réclame la relaxe de l’ancien directeur de formation de l’école. En revanche, pour l’ancien lieutenant-colonel Wallerand, qui ne fait plus partie de l’armée depuis 2019, il réclame deux ans de prison avec sursis.

Les cinq anciens élèves-officiers avaient connaissance du risque mortel de cette activité de nage commando

Pour le groupe des cinq anciens élèves "qui se sont engouffrés dans la brèche, par immaturité, par exaltation" estime le procureur, il est évident, dit-il, qu’ils avaient connaissance d’un risque mortel ce soir-là. Par trois fois, souligne le procureur "ils envisagent d’annuler l’activité, mais ils répondent à chaque fois, on continue". Ce soir-là, un premier groupe avait été en grande difficulté au cours de la traversée, certains témoins "ont cru mourir". Mais au cours de l’audience, plusieurs des prévenus anciens élèves ont expliqué qu’ils n’avaient pas mesuré ce risque mortel. Pour  le procureur, "venir dire à l’audience qu’ils pensaient qu’il n’y avait qu’un risque d’hypothermie était indécent". En fonction de leur degré de responsabilité dans le déroulement de cette soirée de "bahutage" il requiert à leur encontre, des peines de prison avec sursis allant de 3 mois à 18 mois. 

Ce jeudi après-midi, les avocats de la défense auront la parole. Ces plaidoiries se poursuivront vendredi. Le jugement sera ensuite mis en délibéré. 

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