Faits divers – Justice

Moteur dans le vélo : "je ne l'ai pas fait pour l'argent" affirme le cycliste accusé de tricherie

Par Benjamin Fontaine et France Bleu, France Bleu Périgord et France Bleu lundi 2 octobre 2017 à 11:49

Le vélo a été contrôlé par l'agence de lutte contre le dopage.
Le vélo a été contrôlé par l'agence de lutte contre le dopage. - Capture d'écran France Télévisions / Tout le sport

INFO FRANCE BLEU PERIGORD - Le cycliste interpellé ce dimanche 1er octobre lors d'une course amateur à Saint-Michel-de-Double pour avoir installé un moteur électrique dans son vélo s'explique. Il assure ne pas avoir fait ça pour l'argent.

"J'ai joué, j'ai perdu." Au lendemain de l'affaire qui a secoué le monde du cyclisme amateur, Cyril, coureur de cycliste périgourdin assume. Ce dimanche 1er octobre, lors d'une course cycliste à Saint-Michel-de-Double il a été interpellé pour "suspicion de trucage". Un moteur électrique a été retrouvé dans le cadre de son vélo. Le premier cas de dopage mécanique révélé dans le cyclisme en France.

Les rumeurs sont allées bon train, mais Cyril, licencié dans le petit club de Mussidan affirme n'avoir utilisé le moteur que sur cinq courses depuis le mois d'août. "Je l'ai fait parce que j'ai été victime d'une hernie discale au mois de mars et je n'ai pas fait de vélo pendant trois mois. J'ai essayé de reprendre la compétition mais j'ai eu du mal à cause d'une sciatique dans la jambe droite. Je l'ai fait pour avoir moins de mal en fin de course."

"Je ne l'ai pas fait l'argent"

Le cycliste, plâtrier de profession assure ne pas avoir fait cela pour l'argent. "Je ne voulais pas être champion de Dordogne, gagner toutes les courses. C'était juste pour retrouver des sensations. Je suis en fin de carrière, je ne veux plus faire de compétition, je veux profiter de la vie, de ma femme et de ma fille le week-end." Une sorte de baroud d'honneur. "Je comprends que les coureurs contre qui j'ai couru soient mécontents. Je n'ai pas vendu de drogue ni tué d'enfant, j'ai mis un moteur dans mon vélo. Je vais servir d'exemple mais je pense que ça va faire du bien au cyclisme car je ne suis pas le seul à le faire." Cyril affirme que le site auquel il a acheté son mécanisme vend vingt à trente moteurs par mois. "Si ça peut permettre à des petits jeunes qui veulent gagner de ne plus se faire battre par des gens qui utilisent cette triche alors tant mieux."

Les suites judiciaires connues dans la journée

Cyril attend maintenant les suites judiciaires de cette affaire. Il pourrait être poursuivi pour escroquerie car il a perçu plusieurs primes grâce à sa tricherie. Il va être suspendu pendant plusieurs mois, voire plusieurs années, il le sait. Le procureur de la République de Périgueux va tenir un point presse en fin de journée. Dans son club de Mussidan et plus largement en Dordogne, les cyclistes se disent abasourdis. Certains connaissent Cyril depuis plusieurs années. "C'est un gars sympa je ne comprends pas qu'il ait pu faire ça," affirme l'un d'eux sous couvert d'anonymat.